Un an après son arrivée à la tête du ministère de l’Entrepreneuriat et du Développement des PME, Justin Kalumba Mwana Ngongo dresse un premier bilan axé sur la redevabilité. Face aux enjeux du chômage, le ministre entend transformer le modèle économique national pour faire passer la jeunesse de la recherche d’emploi à la création directe d’activités pérennes.
Pour concrétiser la vision présidentielle, le ministre déploie une stratégie articulée autour du concept central des trois C. La capacitation constitue le premier levier, visant à intégrer l’esprit d’entreprise dès le parcours scolaire et universitaire via l’Agence nationale de développement de l’entrepreneuriat au Congo. Ce module est complété par l’accès au crédit, garanti par le Fonds de garantie de l’entrepreneuriat au Congo pour pallier l’absence de garanties hypothécaires des jeunes porteurs de projets, ainsi que par l’accès aux contrats de marché. L’ensemble de ce dispositif repose sur l’amélioration globale du climat des affaires, condition indispensable pour garantir une fiscalité prévisible et éviter la mortalité précoce des jeunes pousses.
Sur le terrain du financement et de l’accompagnement, des avancées concrètes sont enregistrées. Le Projet Transforme, soutenu par la Banque mondiale, a déjà pris en charge plus de 31 000 femmes sur l’ensemble du territoire national, notamment à Kinshasa, Mbuji-Mayi et Kananga.
Ces entrepreneures ont bénéficié de formations adaptées, de kits de démarrage et de fonds de roulement. Parallèlement, le FOGEC diversifie ses instruments en ouvrant la voie au financement participatif, aux investisseurs providentiels et à l’implication de la diaspora, accompagnant actuellement près de 2 000 petites et moyennes entreprises.
L’accès aux marchés constitue l’autre bataille majeure du ministère. Grâce à l’action de l’Autorité de régulation de la sous-traitance dans le secteur privé, environ 15 000 sous-traitants sont désormais enregistrés, dont près de 7 000 sur la seule année écoulée.
L’objectif affiché est de mettre fin aux circuits d’approvisionnement fermés des grandes industries minières ou pétrolières pour réinjecter la valeur produite au sein de l’économie nationale. Dans le secteur public, le gouvernement œuvre à l’application effective de la loi réservant jusqu’à 40 % des marchés publics aux PME de droit congolais, structurant ainsi un écosystème complet capable de faire évoluer le pays d’un entrepreneuriat de survie vers un entrepreneuriat de croissance.
C. K. L.
