Relance industrielle en RDC : Le plan stratégique du Gouvernement pour tourner la page des importations

Le ministre de l’Industrie, Justin Kalumba, a présenté le bilan et les perspectives de la politique industrielle nationale lors de l’exercice de redevabilité du Gouvernement Suminwa II. Face à la dépendance historique du pays vis-à-vis des marchés extérieurs, l’exécutif engage une série de réformes majeures visant à transformer les ressources locales, stimuler la création d’emplois massifs et réinventer le modèle économique congolais.

Pour rompre avec le schéma hérité de la division internationale du travail, le ministère mise sur la production localisée à grande échelle. Une enquête nationale menée en 2025 établit désormais la cartographie du secteur afin de restaurer la puissance industrielle qu’affichait le pays à son indépendance. Sur le terrain, les Zones Économiques Spéciales (ZES) concrétisent ce virage : le site de Maluku regroupe déjà 16 entreprises dont une usine de boissons ayant mobilisé 250 millions de dollars d’investissement tandis que celui de Kin-Malebo accueille 25 entités pour un montant équivalent. D’autres ZES sont déjà en préparation, notamment à Moçambique autour de la chaîne de valeur des batteries et des véhicules électriques, le tout connecté aux axes stratégiques comme les corridors de Lobito et de l’Ouest–Congo Central.

Cette offensive industrielle vise en premier lieu le bassin d’emploi et la jeunesse, qui représente 60 à 70 % de la population. Alors que le secteur recensait 30 000 emplois en 2024, Maluku et Kin-Malebo devraient générer respectivement 10 000 et 5 000 emplois directs. La stratégie intègre également trois hectares dédiés à la formation professionnelle à Maluku, l’accueil annuel de 600 stagiaires par des entreprises partenaires, ainsi que l’instauration de cours d’entrepreneuriat dès le cycle primaire.

Sur le plan financier, le Fonds de Promotion de l’Industrie (FPI) injecte plus de 171 millions de dollars dans quinze provinces, avec une priorité accordée aux études de faisabilité pour capter les investissements internationaux. Parallèlement, la rigueur est de mise : un ultimatum vise le recouvrement de 350 millions de dollars de créances auprès de débiteurs défaillants. Enfin, en s’inspirant de modèles souverains tels que le barrage de la Renaissance éthiopien, le gouvernement entend mobiliser la diaspora et le secteur bancaire national, tout en renforçant la protection de la propriété intellectuelle pour insérer les innovations congolaises dans les chaînes de valeur mondiales.

C. K. M

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