L’Inspecteur général des finances, chef de service, Christophe Bitasimwa, a annoncé, lors du briefing de presse du mercredi 5 août co-animé avec le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya, le passage progressif de son institution à un système de contrôle entièrement digitalisé.
Cette mutation technologique vise à renforcer la mobilisation des recettes de l’État et à remplacer à terme la présence physique des inspecteurs dans les régies financières par une surveillance automatisée.
Face à la presse, le patron de l’IGF a précisé qu’un chronogramme d’interconnexion des systèmes informatiques est déjà en cours d’exécution. Les infrastructures de base seront déployées d’ici la fin de l’année, avant le lancement de phases pilotes en 2027 et un objectif de digitalisation atteint à 80 % d’ici fin 2028.
Traque du coulage des recettes et bilan dans les entreprises publiques
Revenant sur le rôle des patrouilles financières actuelles, Christophe Bitasimwa a souligné leur caractère dissuasif et éducatif auprès des régies. Il a notamment évoqué la situation au poste-frontière de Kasumbalesa, où plusieurs enquêtes — particulièrement dans le secteur des hydrocarbures — sont en cours pour cerner l’ampleur des écarts entre les sommes dues et les recettes effectivement versées au Trésor public.
Dans le secteur du portefeuille de l’État, le bilan présenté se veut ferme : la présence de l’IGF a permis de stabiliser le paiement des salaires, d’assainir la passation des marchés publics et d’éliminer des abus historiques tels que :
- L’annulation des missions d’études fictives ou injustifiées à l’étranger ;
- Le plafonnement des avantages accordés aux mandataires publics ;
- La fin des prises en charge financières indues imposées par les tutelles ministérielles.
Cybersécurité, contrat chinois et approche sociétale de la corruption
Interrogé sur la vulnérabilité des futures plateformes informatiques aux cyberattaques, l’Inspecteur général a affirmé que les défis sécuritaires ne doivent pas freiner la modernisation de l’État, plaidant pour le déploiement d’architectures numériques hautement sécurisées pour rassurer les investisseurs.
Sur le front de la lutte contre la corruption, Christophe Bitasimwa a qualifié le phénomène de « fléau social », plaidant pour une réponse collective et préventive articulée autour d’actions de sensibilisation citoyenne menées avec la société civile, ciblant en priorité la jeunesse.
Enfin, l’IGF a confirmé que l’évaluation de plusieurs dossiers stratégiques nationaux se poursuit, notamment le suivi de la convention sino-congolaise révisée, dont les conclusions finales seront transmises incessamment aux autorités compétentes.
C. K. K
