Jean-Jacques Lumumba, leader de la société civile et figure de l’Alliance Citoyenne pour la Patrie, livre une analyse sans détour sur la crise multiforme qui secoue la République démocratique du Congo. Invité sur les ondes de Top Congo FM, l’acteur civique défend une voie pragmatique pour sortir le pays de l’impasse, en abordant de front les impératifs de gouvernance, les réformes institutionnelles et le format du dialogue national.
Interrogé sur les blocages potentiels liés à certains acteurs politiques ou militaires, l’intervenant tranche : « On ne peut pas bloquer tout un pays parce qu’un individu voudrait être au dialogue et qu’il pose des conditions. »
Pour lui, la participation à la table des négociations doit privilégier les composantes et structures politiques plutôt que les individus. Il explique qu’une organisation comme le Front Commun pour le Congo (FCC) ou la rébellion du M23 peut très bien être représentée, sans pour autant exiger la présence physique de figures comme Joseph Kabila ou Corneille Nangaa.
Toutefois, cette ouverture reste strictement conditionnée aux acteurs qui acceptent de déposer les armes et de ne pas venir défendre des intérêts étrangers. « On ne peut pas construire la paix avec ceux qui viennent au dialogue pour représenter le Rwanda », martèle-t-il, tout en rappelant que des canaux comme les pourparlers de Doha restent des leviers diplomatiques indispensables.
Au-delà de la situation sécuritaire et de l’infiltration de l’armée, le problème central de la RDC demeure une crise profonde de gouvernance. Qu’il s’agisse des lacunes dans la gestion de la capitale ou des dérives administratives en province, les défaillances de l’État imposent une réponse globale.
Plutôt que d’un simple réaménagement politique, la solution réside dans la refondation du pacte républicain. Il ne s’agit pas nécessairement de modifier la Constitution de manière précipitée, mais de garantir le respect des lois et de rebâtir des institutions fortes.
Sur la question de la révision constitutionnelle, l’acteur civique refuse tout dogmatisme. S’il s’oppose à des réformes taillées sur mesure pour un camp politique, il reconnaît la nécessité de corriger certains mécanismes devenus problématiques.
« Le mode de scrutin des sénateurs et des gouverneurs est corruptogène. Il faut réfléchir à modifier ces aspects pour garantir une meilleure représentation », affirme-t-il.
Favorable à un débat démocratique serein, Jean-Jacques Lumumba soutient l’idée d’un dialogue ascendant, partant de la base provinciale vers le sommet national, à condition que le processus soit cadré pour éviter de s’étirer en longueur.
C. K. L.
