Le processus législatif relatif à l’organisation du référendum en République démocratique du Congo vient de franchir une étape décisive. Après l’Assemblée nationale, le Sénat a adopté, ce samedi 31 octobre 2026, la proposition de loi fixant les conditions d’organisation des consultations référendaires en RDC lors d’une nouvelle délibération.
Sur les 109 membres qui composent la Chambre haute du Parlement, 78 sénateurs ont pris part au vote et ont approuvé le texte à l’unanimité. Aucun vote contre ni aucune abstention n’ont été enregistrés, selon les résultats proclamés par le président du Sénat, Jean-Michel Sama Lukonde.
« Sur les 109 membres de la Chambre haute, 78 ont voté oui, aucun n’a voté non et aucune abstention n’a été enregistrée. Cette loi sera transmise au chef de l’État pour promulgation », a déclaré Jean-Michel Sama Lukonde à l’issue du scrutin.
Cette seconde délibération fait suite au renvoi du texte par le président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi, conformément aux observations formulées par la Cour constitutionnelle. Plusieurs dispositions avaient nécessité des ajustements techniques et juridiques avant son retour devant les deux chambres du Parlement. L’Assemblée nationale avait, quant à elle, déjà validé la version révisée le 23 octobre dernier par 346 voix pour, aucune voix contre et une abstention.
Désormais entre les mains du chef de l’État pour sa promulgation, cette avancée législative intervient dans un climat politique particulièrement tendu. Les tensions demeurent vives entre la majorité présidentielle et les forces d’opposition autour d’une éventuelle révision constitutionnelle. Si les partisans du projet mettent en avant l’importance d’encadrer juridiquement le recours au référendum, ses opposants y voient une manœuvre destinée à remettre en cause les équilibres de la Constitution de 2006.
Une interrogation centrale demeure : quelle sera la portée politique réelle de cette loi une fois promulguée, dans un paysage politique toujours divisé sur la question de l’avenir constitutionnel et de la limitation des mandats présidentiels ?
Mardochée Munsi
