Paris: Nicole Bwatsha éclaire la dimension socioculturelle de la patrouille financière au vernissage de l’ouvrage d’Alingete

La Professeure Nicole Ntumba Batsha, Directrice de Cabinet Adjointe du Chef de l’État, a versé une réflexion profonde lors du vernissage du livre consacré au contrôle a priori des finances publiques en République démocratique du Congo.

S’exprimant sous le regard avisé de pairs et de chercheurs, cette enseignante de droit, fervente adepte d’une approche anthropologique de sa discipline, a mis en lumière la véritable portée stratégique de cette méthode de gouvernance.

Pour l’intervenante, la démarche instaurée par l’ancien chef de l’Inspection générale des finances ne se limite pas à un simple mécanisme d’audit technique, mais s’inscrit au cœur d’une véritable transformation sociétale qu’il convient d’encourager. Elle a tenu à rappeler la nécessité fondamentale d’agir en amont dans la gestion des deniers publics en insistant sur l’impératif de « contrôler avant qu’il ne soit trop tard ».

La haute responsable administrative et universitaire a développé une analyse minutieuse de la prévention, qu’elle qualifie de formule paradoxale mais d’une redoutable efficacité préventive. Selon sa démonstration, l’arsenal juridique et réglementaire atteint le sommet de son utilité non pas lorsqu’il se contente de châtier une infraction déjà commise, mais lorsqu’il empêche le détournement de se concrétiser.

« Le droit atteint peut-être sa plus grande efficacité non pas lorsqu’il sanctionne l’irrégularité, mais lorsqu’il parvient à faire en sorte qu’elle n’advienne jamais », a affirmé la Professeure Nicole Ntumba Batsha au cours de sa prise de parole.

Cette vision novatrice déplace ainsi le curseur de la simple surveillance coercitive vers une véritable prise de conscience individuelle et collective au sein de l’appareil d’État. La Directrice de Cabinet Adjointe a soutenu que ce mécanisme de contrôle en amont constitue le levier d’une mutation plus vaste de la culture administrative congolaise.

En faisant passer l’administration du contrôle formel à la responsabilité, puis de la responsabilité à l’éthique publique, le système produit en chaîne une refonte de la moralité républicaine. Derrière l’apparente rigueur de la patrouille financière se mène en réalité un combat socioculturel décisif pour moderniser les institutions et ancrer de nouvelles normes comportementales.

L’intervention de la Professeure Ntumba Batsha aura ainsi permis de donner une profondeur théorique et humaine aux échanges entourant l’ouvrage de Jules Alingete, en inscrivant l’assainissement des finances publiques dans le temps long de la culture et de la responsabilité citoyenne.

C. K. L.

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