Les dirigeants de l’Afrique centrale entendent transformer le cœur vert du continent en bouclier climatique mondial. Réunis ce vendredi 6 novembre à Kintélé, dans la banlieue de Brazzaville, les présidents de la République démocratique du Congo, de la République du Congo, du Burundi et de la République centrafricaine ont officiellement donné le coup d’envoi de la Décennie des Nations Unies pour le boisement et le reboisement.
Cette initiative, portée à la tribune internationale par le président Denis Sassou Nguesso et adoptée par l’ONU, vise à intensifier la restauration des écosystèmes forestiers à l’échelle de la planète. Symboliquement, la rencontre s’est conclue par une plantation d’arbres sur le site de Maloukou, à 45 kilomètres de la capitale congolaise. « Brazzaville est le point de départ d’une mondialisation en faveur de la protection des forêts dont les générations futures seront les bénéficiaires », a souligné le chef de l’État hôte.
L’alternative énergétique au cœur des enjeux
Prenant la parole lors de la conférence de presse, le président de la RDC, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, a rappelé la responsabilité particulière de son pays, qui abrite plus de 60 % des forêts du bassin du Congo. Interpellé sur la pression constante qui pèse sur le couvert forestier congolais, le chef de l’État a pointé du doigt deux facteurs structurels : l’agriculture itinérante sur brûlis et l’utilisation massive du bois-énergie par les ménages faute d’alternatives.
Pour inverser la tendance, Kinshasa table sur un changement de modèle agronomique et énergétique. Félix Tshisekedi a préconisé une transition vers la sédentarisation des cultures et le développement de l’agroforesterie durable. Sur le plan énergétique, le président congolais a insisté sur l’urgence d’élargir l’accès à l’électricité à travers le pays pour réduire la dépendance des populations au charbon de bois, tout en intensifiant les programmes nationaux de reboisement.
En réunissant plusieurs chefs d’État du bassin du Congo autour de cette feuille de route, ce sommet de Brazzaville réaffirme la volonté de la région de faire valoir son rôle pivot dans la régulation du climat mondial, tout en conditionnant la préservation de ses forêts au développement socio-économique de ses populations.
C. K. L.
