Urgence sanitaire en Ituri : la vaccination s’organise face à l’avancée redoutable d’Ebola

​La province de l’Ituri a donné le coup d’envoi officiel de sa campagne de vaccination contre la maladie à virus Ebola, souche Bundibugyo, ciblant en priorité le personnel médical et les équipes d’intervention de première ligne.

Pour marquer l’engagement des autorités locales et dissiper les réticences au sein de la population, le gouverneur militaire, le général-major Gabi Kasongo Mulumba, a reçu publiquement la première dose du vaccin Ervebo. Ce dernier a insisté sur l’importance de mobiliser l’ensemble des acteurs communautaires et sanitaires pour faire échec au virus, tout en rappelant le caractère libre et éclairé de cette démarche.

« La participation à cette vaccination expérimentale doit être libre et volontaire, conformément aux principes du consentement éclairé et aux règles d’éthique applicables à la recherche », a déclaré le gouverneur militaire pour rassurer les habitants.

Les professionnels de santé, particulièrement exposés en raison de leurs contacts directs avec les malades ou les cas suspects, constituent le rempart essentiel pour juguler la flambée épidémique dans les zones sous contrôle.

​Malgré le démarrage de cette couverture vaccinale et certains indicateurs qui laissaient espérer une accalmie, la situation épidémiologique globale demeure extrêmement préoccupante sur le territoire national. Les équipes de Médecins Sans Frontières alertent sur la persistance de multiples chaînes de transmission et sur l’extension du virus vers de nouvelles zones jusqu’alors épargnées, à l’instar du Sud-Bangui qui est devenu la septième province touchée.

Le Nord-Kivu concentre désormais près de la moitié des nouveaux cas confirmés, affichant une hausse inquiétante du taux de positivité. Le bilan provisoire fait état de plus de 7 200 cas confirmés et de moins de 3 500 décès depuis le mois de mai, des chiffres que les travailleurs humanitaires estiment largement sous-évalués en raison des difficultés de détection et de surveillance sur le terrain.

​Face à ce péril sanitaire, les infrastructures médicales locales manquent cruellement de moyens et se retrouvent au bord de l’épuisement. Anthony Kergosien, coordinateur des urgences de Médecins Sans Frontières à Bunia, a tiré la sonnette d’alarme sur la précarité des structures de soins, notamment dans la zone de santé de Bambou où le sous-financement chronique et la pénurie de personnel entravent la prise en charge des patients.

Pour répondre à l’urgence, les équipes humanitaires déploient des dispositifs d’intervention rapide axés sur la détection précoce, le suivi des contacts et la sensibilisation des communautés afin de contenir les foyers émergents avant qu’ils ne se meurent en flambées incontrôlables

C. K. L.

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