​Attaque sanglante de la CODECO à Djugu : plus de dix morts et un nouveau drame humain sur le littoral du lac Albert

​Une nouvelle vague de terreur a frappé le territoire de Djugu, dans la province de l’Ituri, où une série d’attaques attribuées aux miliciens de la Coopérative pour le développement du Congo (CODECO) a coûté la vie à plus de dix personnes, dimanche dernier. Le drame s’est déroulé à l’aube dans au moins quatre localités situées sur le littoral du lac Albert, replongeant la région dans le deuil et provoquant la fuite précipitée de centaines de familles.

​Les violences ont éclaté tôt dans la matinée dans le village de Mutanga, situé sur l’escarpement de Mpo, avant de se propager vers les localités voisines de Mbuza, Depa et Tonga. Selon des sources locales, les assaillants ont fait irruption en tirant plusieurs coups de feu avant de se livrer au pillage des biens de la population composée en grande partie de personnes retournées dans leurs foyers. Du gros et du petit bétail, des panneaux solaires ainsi que des tôles de toiture ont été emportés par les assaillants.

​Le député provincial élu du territoire de Djugu, Moïse Uzung’a Wathum, a dressé un bilan provisoire tragique en faisant part de plus d’une dizaine de civils tués, précisant que certains corps gisaient encore sur le sol au cours de la matinée. Parmi les victimes figurent le commandant des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) basé à Mutanga, ainsi qu’un enfant de trois ans mortellement atteint par une balle alors qu’il se trouvait sur le dos de sa mère.

​Ces nouvelles violences ont provoqué un exode massif des populations locales. Des centaines de familles, majoritairement composées de retournés, ont été contraintes d’abandonner une nouvelle fois leurs localités pour se diriger vers le site des déplacés de Ngengere 3, situé dans la collectivité de Mukambo sur le territoire voisin de Mahagi.

​L’impact de cette attaque ravive la précarité sécuritaire et humanitaire dans cette partie de la RDC, où les acteurs locaux continuent de déplorer la grande vulnérabilité des civils face aux incursions des groupes armés.

C. K. L.

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