Walikale : Urgence sanitaire à la prison centrale, 3 morts et menace d’une hécatombe

Walikale pousse un cri d’alarme face à la prison centrale frappée par une épidémie meurtrière de diarrhée depuis début octobre. Le bilan est déjà lourd : 3 détenus sont morts cette semaine et des dizaines d’autres ont été hospitalisés dans un état critique. La surpopulation extrême et des conditions d’hygiène inhumaines sont à l’origine de ce drame sanitaire, qui constitue une véritable bombe à retardement. Conçue pour 100 pensionnaires, la prison en entasse aujourd’hui près de 500, soit cinq fois sa capacité d’accueil. Sans eau potable et avec des infrastructures en ruine, les maladies explosent : depuis deux semaines, les diarrhées et les affections cutanées s’y propagent à une vitesse fulgurante.

Sur place, la société civile tire la sonnette d’alarme. Malgré l’aide fournie par l’Église catholique, les besoins en médicaments et en nourriture demeurent immenses. L’appel est clair : sans intervention médicale d’urgence, le pire est à venir. Le directeur de la prison, Joseph Shuruku, confirme cet enfer et avoue son impuissance : « Il est impossible d’évacuer les cas les plus graves vers l’Hôpital général, faute d’argent pour payer les soins. »

Face à cette détresse, il formule plusieurs revendications urgentes : l’envoi immédiat d’une équipe médicale sur place, l’aménagement d’une véritable infirmerie au sein de l’établissement, l’accélération des procédures judiciaires pour désengorger les cellules, ainsi que le rétablissement de la subvention de l’État, suspendue depuis deux ans.

Walikale lance un SOS à l’attention du gouvernement et de la communauté internationale.

Charlotte MUKANGA

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