UNISIC : « Vivement votre retour parmi nous » ; le message de la délégation syndicale confirme-t-il implicitement ce que l’administration refuse d’expliquer depuis plus de trois mois sur l’absence prolongée de la rectrice Bayedila, pourtant assimilée à une démission par l’Instruction académique n°027 ?

Alors que le silence de l’administration de l’Université des Sciences de l’Information et de la Communication (UNISIC) suscite de plus en plus d’interrogations, un récent message de soutien de la Délégation syndicale à la rectrice pourrait avoir involontairement levé un coin du voile sur une situation que la communauté universitaire dénonce depuis plusieurs mois.

Dans sa déclaration officielle, la Délégation syndicale écrit :

« Vivement votre retour parmi nous et prompte guérison. »

Une phrase courte, mais lourde de sens.

Car si la rectrice doit « revenir parmi nous », c’est donc qu’elle n’est pas parmi les siens aujourd’hui. Si l’on lui souhaite une « prompte guérison », c’est qu’elle traverserait une situation de santé suffisamment importante pour empêcher sa présence régulière à la tête de l’institution.

Dès lors, une question fondamentale surgit : qui dirige réellement l’UNISIC depuis plus de trois mois ?

Depuis le mois de mars 2026, de nombreuses voix au sein de la communauté universitaire affirment que la rectrice n’est plus physiquement présente sur son lieu d’affectation et que plusieurs décisions administratives seraient prises ou relayées par des responsables exerçant, de fait, un intérim permanent.

Si tel est le cas, l’affaire dépasse largement le cadre humain ou médical. Elle touche directement au respect de la légalité académique.

L’Instruction académique n°027 ne laisse pourtant aucune place à l’ambiguïté.

L’article 64 impose aux membres du Comité de gestion de résider sur le lieu d’implantation de leur établissement.

L’article 65 interdit catégoriquement l’exercice à distance d’un mandat d’autorité académique.

Et l’article 67 va encore plus loin en disposant qu’une absence prolongée de trois mois équivaut à une démission, avec obligation pour les instances compétentes d’en tirer les conséquences administratives.

Dès lors, la question que beaucoup se posent n’est plus de savoir si la rectrice est absente ou non. Le communiqué de la Délégation syndicale semble lui-même reconnaître cette absence. La véritable question est désormais la suivante :

Pourquoi les dispositions des articles 64, 65 et 67 n’ont-elles pas encore fait l’objet d’une communication officielle ou d’une application transparente ?

Pourquoi aucune mise au point n’est-elle adressée aux étudiants, aux enseignants, aux agents et à l’opinion publique ?

Pourquoi l’université qui a pour devise de « modeler la communication » semble-t-elle incapable de communiquer sur sa propre gouvernance ?

Plus grave encore, si l’absence prolongée est connue de tous au sein de l’institution, pourquoi les mécanismes prévus par l’Instruction académique n’ont-ils pas été publiquement activés ?

Le silence actuel nourrit inévitablement les interrogations, les rumeurs et les inquiétudes.

À l’heure où les universités publiques sont appelées à promouvoir la bonne gouvernance, la transparence et le respect des normes, l’UNISIC donne l’impression d’évoluer dans une zone grise où les textes existent, mais où leur application semble suspendue.

Le Président de la République, les autorités de l’Enseignement supérieur et universitaire ainsi que les organes de régulation du secteur sont désormais interpellés.

Car au-delà du cas d’une personne, c’est une question de principe qui se pose :

Une université publique peut-elle être dirigée pendant plus de trois mois par une autorité absente, alors que les textes en vigueur assimilent une telle situation à une démission ?

Tant que cette question restera sans réponse officielle, le doute continuera de planer sur la légalité de la gouvernance de l’UNISIC.

Aujourd’hui, la question dépasse largement le cadre interne de l’établissement. Elle interpelle directement les plus hautes autorités de la République, chargées de veiller au respect des lois, des règlements et des principes de bonne gouvernance dans les institutions publiques.

Le Président de la République, Félix Tshisekedi, garant du bon fonctionnement des institutions publiques, est désormais appelé à s’assurer que les textes qui régissent l’enseignement supérieur soient appliqués avec la même rigueur pour tous, sans exception.

La ministre de l’Enseignement supérieur et universitaire est également attendue sur cette question qui touche directement à la crédibilité du système universitaire congolais. Face aux interrogations persistantes relatives à l’application des articles 64, 65 et 67 de l’Instruction académique n°027, une clarification officielle apparaît plus nécessaire que jamais.

Le Conseil d’administration des universités (CAU), dont la mission est notamment de veiller à la régularité de la gouvernance des établissements publics d’enseignement supérieur, est lui aussi interpellé. La communauté universitaire attend de savoir si les mécanismes prévus par les textes ont été activés et quelles dispositions ont été prises face à une situation qui, selon plusieurs observateurs, soulève de sérieuses interrogations juridiques.

Car au-delà de la personne de la rectrice, c’est le respect de l’État de droit qui est en jeu. Si une absence prolongée de plus de trois mois est effectivement constatée et si la gestion à distance est légalement interdite, alors l’opinion publique est en droit d’attendre des réponses claires, transparentes et conformes aux textes en vigueur.

Le silence n’est plus une réponse. L’heure est venue pour le Président Félix Tshisekedi garant de la nation et du bon fonctionnement des toutes les institutions de la république puisse agir, la ministre de l’ESU et le Conseil d’administration des universités de dire clairement à la communauté universitaire congolaise ce qu’il en est réellement de la gouvernance de l’UNISIC et des conséquences juridiques qui découlent de l’Instruction académique n°027. Car dans un État de droit, aucun texte ne devrait être appliqué à certains et ignoré pour d’autres.

J. E. TOUDRA

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