La crise humanitaire prend une tournure alarmante dans les hauts plateaux d’Uvira, où des milliers de personnes, en grande majorité des femmes et des enfants, affluent vers Rurambo-Centre. Ils fuent l’intensité des récents affrontements opposant l’armée congolaise, appuyée par les miliciens Wazalendo, aux combattants du RFN.
Selon les acteurs de la société civile locale, ce déplacement massif, qui s’observe depuis plusieurs mois, s’est brusquement accéléré à la suite des violents combats signalés à Kaziba.
Les familles en fuite proviennent de nombreux villages environnants, notamment Kekahya, Kabembe, Itegamo, Kamamiranga, Mukato, Namubula, Bibwe et Birambi. Sur place, la détresse est totale : sans abri, sans nourriture et privées de toute assistance humanitaire, des milliers de personnes survivent dans des conditions d’extrême précarité, poussant la société civile à tirer la sonnette d’alarme face à ce drame humain.
Sur le terrain, la situation sécuritaire demeure sous haute tension. Si Rurambo reste contrôlé par les FARDC et leurs alliés Wazalendo, le centre demeure un point hautement stratégique ouvrant la route vers Kageregere, Bibangwa, Kitembe ou Marungu. Le village voisin de Kahololo est quant à lui considéré comme le principal bastion des Twirwaneho, désormais alliés au RFN, aux Red Tabara ainsi qu’aux forces du MRDP et du RDF.
Cette fragmentation militaire complique davantage la réponse humanitaire. Tandis qu’une partie des déplacés s’agglutine à Rurambo sous le contrôle gouvernemental, la grande majorité des déplacés issus de la communauté Banyamulenge s’est réfugiée à Kahololo, rendant l’accès aux secours particulièrement complexe.
Pendant ce temps, le bilan continue de s’alourdir à Kaziba où, après dix jours de combats ininterrompus, les structures locales dénombrent déjà près de 12 000 ménages déplacés, dispersés dans les villages et chefferies environnants.
Charlotte MUKANGA
