Rejet des résolutions du conclave de la C64 à Rome par la majorité : l’Union sacrée dénonce une complaisance avec la rébellion

L’Union sacrée de la nation a vivement réagi aux résolutions du conclave de la coalition d’opposition C64 tenu récemment à Rome, en Italie. Dans des déclarations faites ce mercredi à Kinshasa sur Top Congo FM, plusieurs cadres et structures affiliés à la majorité présidentielle ont qualifié cette démarche de complaisante et de déconnectée de la brutalité des réalités sécuritaires qui frappent l’est de la République démocratique du Congo.

L’ancien ministre de la Communication et député national Lambert Mende Omalanga est intervenu pour manifester son indignation face à la posture adoptée par les participants à ce rassemblement.

L’élu national a souligné que condamner la prise d’armes de manière aussi éloignée de la brutalité de la situation sur le terrain ne répond pas du tout à ce défi qui étreint les populations congolaises depuis trente ans. Il a ajouté que « parler des armes sans parler de ceux qui les détiennent, c’est devenir le complice de ces assassins ».

Réagissant aux critiques de la C64 contre la révision constitutionnelle ainsi qu’à sa proposition d’intervenir comme médiatrice auprès des présidents Félix Tshisekedi et Joseph Kabila, Lambert Mende Omanga a recadré le débat en rappelant que le pays se trouve dans un cadre démocratique où chaque Congolais a le droit de s’exprimer. Il a précisé qu’il n’a jamais été dit que ce dialogue doit absolument aboutir à une sorte d’unanimisme, tout en dénonçant une confusion des genres au sein d’une opposition qui tente de se métamorphoser en médiateur alors que la facilitation relève du rôle des confessions religieuses et des médiateurs désignés par l’Union africaine.

Pour sa part, le député national Joseph Onkoi, cadre du parti ADP de Christophe Lutundula, a dénoncé une démarche aux frontières de la trahison. L’élu de Katako-Kombe a déclaré que ces résolutions constituent une déclaration complaisante, à la limite de la complicité avec les ennemis de la République. Il s’est étonné de constater qu’au moment où plusieurs organisations internationales, notamment l’ONU, et d’autres pays mettent en évidence la responsabilité du Rwanda et de Joseph Kabila dans la déstabilisation de la RDC, la C64 s’abstienne de les citer nommément. Selon ce parlementaire, le mouvement s’est contenté de condamner uniquement le recours à la force tout en ignorant délibérément les auteurs de ces actes, ce qui constitue une attitude de mépris à l’endroit du peuple congolais et des victimes des actes de barbarie commis sur le sol national.

Dans le même registre, le Collectif des médecins congolais pour le changement, une structure proche de l’UDPS, a fermement condamné les rapprochements observés lors de cette rencontre politique. Son président, le docteur Joseph Casimir Kongolo, a affirmé prendre acte de l’engagement officiel de Monseigneur Fridolin Ambongo aux côtés de politiciens alliés à la rébellion, en raison de sa participation physique au conclave de Rome.

Le responsable associatif a réitéré son soutien au dialogue national convoqué par le chef de l’État pour la paix et la refondation de l’État, tout en disant non à tout échange avec ceux qui tuent et violent dans les zones d’opérations du M23. Rappelant le principe de laïcité de l’État, il a invité les catholiques patriotes à se mobiliser pour barrer la route à ce qu’il qualifie de déviation ecclésiastique du chef de l’Église catholique de Kinshasa.

Cette vive réaction de la majorité intervient dans un climat politique extrêmement tendu, également marqué par des poursuites judiciaires contre des figures de cette même coalition d’opposition.

L’opposant Prince Epenge, président de l’ADD Congo et porte-parole de la coalition C64, a été placé sous mandat d’arrêt provisoire par le parquet de grande instance de Kinshasa/Gombe pour propagation de faux bruits, après son interpellation à l’aéroport international de Ndjili alors qu’il s’apprêtait à s’envoler pour Rome. Cette décision découle de ses accusations portant sur l’assassinat présumé de Manassé Lomboto, un cadre de son parti.

Le vice-président des Démocrates, Jean-Félix Senga, a dénoncé une détention arbitraire ainsi qu’une falsification du rapport médical par le Conseil national de cyberdéfense (CNC), exigeant la libération immédiate et sans condition de son collègue.

C. K. L.

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