RDC – Dialogue national : Clash Mwando-Mende, la participation des groupes armés divise la classe politique

Faut-il faire dialoguer les armes ou d’abord les faire taire ? La question de la participation des groupes armés à un futur dialogue national en RDC vient de provoquer un clash frontal entre l’opposition et la majorité.

D’un côté, Mwando Chris, député national et cadre d’Ensemble pour la République, ouvre grand la porte. De l’autre, Lambert Mende Omalanga, figure de l’Union Sacrée, la claque avec fracas en posant un préalable non négociable : le désarmement.

Mwando : « Un dialogue pour tous les Congolais »

Interrogé sur la place des groupes armés dans le processus politique, Mwando Chris a botté en touche sur la question de la présidence du comité d’organisation. Pour lui, le vrai enjeu n’est pas qui préside, mais comment on garantit la neutralité du processus.

Sa ligne est claire : pour que le dialogue aboutisse à une paix durable, il doit être inclusif. Tous les Congolais, sans exclusive, doivent pouvoir s’y retrouver. Une façon de dire que même ceux qui ont pris les armes font partie de la solution, à condition que le cadre soit neutre et crédible.

Mende : « Qu’ils déposent d’abord les armes rwandaises« 

Réponse cinglante de Lambert Mende. Pour le poids lourd de l’Union Sacrée, hors de question d’offrir un tapis rouge politique à ceux qui tuent à l’Est.

Pour Mende, les acteurs armés qui combattent avec, selon ses termes, des « armes rwandaises », ne peuvent pas s’asseoir à la table politique comme si de rien n’était. Ils doivent d’abord déposer les armes et rompre avec ce qu’il qualifie de « collusion avec le Rwanda ».

« Nous ne sommes pas des idiots », a-t-il lâché, sur un ton ferme, pour marquer son opposition à une intégration automatique et sans condition des groupes armés.

Deux visions, une même impasse

Le débat Mwando-Mende résume à lui seul toute la quadrature du cercle congolais. Comment concilier l’inclusivité, souvent présentée comme la clé de la paix, avec l’impératif de souveraineté et de sécurité ?

D’un côté, une approche politique qui mise sur le dialogue pour désarmer. De l’autre, une approche sécuritaire qui exige de désarmer pour dialoguer.

Une divergence de fond qui illustre la difficulté, pour la classe politique congolaise, à s’accorder sur les contours, les conditions et les participants d’un dialogue national tant attendu, alors que l’Est du pays continue de saigner.

Mardochée Munsi

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