Perquisitions à Bruxelles : ne pas confondre liens familiaux et responsabilité pénale

Les perquisitions menées par la justice belge dans une enquête pour soupçons de blanchiment d’argent, impliquant des membres de l’entourage familial du Président Félix Tshisekedi, alimentent les commentaires en République Démocratique du Congo. Il est cependant essentiel de rétablir les faits : à ce stade, rien n’indique une implication personnelle du Chef de l’État.

Une enquête née de plaintes d’ONG

À l’origine de cette affaire figurent des plaintes déposées en juillet 2025 par des organisations non gouvernementales. Les plaignants évoquent des soupçons concernant des revenus issus de l’exploitation minière dans le sud-est de la RDC et leur transfert présumé vers des comptes ou des actifs situés en Belgique.

Ces allégations, qui doivent encore être vérifiées par les autorités judiciaires compétentes, ont déclenché l’ouverture d’investigations par la justice belge.

La compétence belge et le travail des enquêteurs

Selon les explications de l’avocat Bernard Maingain, la nationalité belge de certaines personnes visées constitue un élément pertinent justifiant la compétence des juridictions belges.

La justice belge examine désormais les éléments susceptibles d’établir l’existence de mouvements financiers illicites. Un travail d’enquête minutieux qui devra s’appuyer sur des preuves matérielles pour déterminer si les opérations financières dénoncées correspondent effectivement à des infractions prévues par la loi.

Perquisitions ne riment pas avec culpabilité

Il importe de rappeler un principe fondamental de droit : les perquisitions constituent des actes d’enquête et non des décisions de culpabilité.

Elles ne permettent pas, à elles seules, de conclure à la responsabilité des personnes concernées. En l’absence d’éléments établissant une implication personnelle du Président, il serait prématuré et hasardeux de le présenter comme un acteur de cette affaire.

La responsabilité pénale est individuelle, elle doit être démontrée sur la base de faits précis et de preuves recevables.

En attendant les conclusions officielles de l’instruction, la prudence s’impose : une enquête visant des proches ne constitue pas, en elle-même, une preuve de l’implication personnelle de Félix Tshisekedi.

Mardochée Munsi

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