Moanda : L’expansion des plateformes pétrolières asphyxie la pêche artisanale et menace des milliers de familles

Dans le bassin côtier de Moanda, au Kongo-Central, la pêche artisanale traverse une zone de turbulences sans précédent. La multiplication des installations pétrolières en mer grignote chaque jour un peu plus les espaces traditionnels de capture, entraînant une chute drastique des rendements et plongeant les communautés riveraines dans la précarité.


Autrefois abondantes, les ressources halieutiques se font de plus en plus rares le long du littoral atlantique congolais. L’avancée progressive des plateformes pétrolières réduit considérablement les zones où les pêcheurs locaux peuvent jeter leurs filets en toute sécurité, bouleversant un équilibre socio-économique vital pour la région.


Cette situation critique a poussé l’ONG Initiative pour le développement local (IDEL) à monter au créneau. Selon son coordonnateur, Serge Ngimbi, la baisse de régime est alarmante pour les ménages qui dépendent directement de cette activité de subsistance.

« Hier, on a connu un grand mouvement au niveau de Moanda, où le pêcheur pouvait aller calmement et avoir beaucoup de poissons, 300 kilos, 500 kilos. Nous constatons aujourd’hui que le pêcheur doit aller sept à 14 jours pour revenir avec 100 et 150 kilos ou 200 kilos de poissons », déplore-t-il amèrement.

Face à cette menace qui pèse sur l’avenir de toute une communauté, la société civile plaide instamment pour une révision des politiques sectorielles. Pour les responsables d’IDEL, il est impératif d’instaurer une réglementation beaucoup plus rigoureuse du secteur pétrolier offshore afin de concilier impératifs industriels et impératifs de survie locale.


L’organisation insiste particulièrement sur l’importance stratégique de préserver cette activité ancestrale par rapport aux retombées macroéconomiques de l’or noir. Serge Ngimbi rappelle ainsi que si une grande partie des revenus pétroliers transite par des circuits internationaux et des intermédiaires fiscaux, « l’argent de la pêche reste au pays et nourrit un million de populations ».


À travers ce cri d’alarme lancé depuis Matadi, l’ONG espère amener les autorités nationales à imposer des mesures d’encadrement strictes. L’objectif est de trouver un compromis durable pour que Moanda ne devienne pas le théâtre d’un naufrage économique où la manne pétrolière éclipserait définitivement les richesses nourricières de la mer.

C. K. L.

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