Agression de la RDC : Guy Mafimba dénonce la « cinquième colonne » et recadre la C64

Dans une prise de parole incisive sur la crise sécuritaire et politique qui secoue la République démocratique du Congo, l’analyste politique et essayiste panafricaniste brazzavillois Guy Mafimba s’en prend vivement aux attitudes de certaines oppositions regroupées, notamment au sein de la dynamique dite « C64 ».

Face à l’occupation de plusieurs localités dans l’Est du pays, l’analyste appelle à l’union sacrée et dénonce ce qu’il qualifie de manœuvres de déstabilisation orchestrées depuis l’extérieur.

Une exigence de cohérence constitutionnelle

Pour Guy Mafimba, la gravité de la situation sécuritaire à l’Est marquée par l’occupation de zones dans le Nord-Kivu et le Sud-Kivu impose un changement radical d’attitude de la classe politique congolaise.
S’appuyant sur les textes fondamentaux de la RDC, l’analyste rappelle l’esprit des articles 63 et 64 de la Constitution :

« Lorsque le pays est agressé ou occupé, le peuple doit se mettre ensemble. Regardez ce qui se passe en Ukraine : ils ne cherchent pas à savoir qui faisait quoi deux ans avant. Ils font bloc face à l’agresseur.

La C64, en contestant la légitimité du pouvoir central en ce moment précis, rate l’enjeu existentiel de la Nation. »
Selon lui, exiger la démission ou poursuivre le chef de l’État en plein conflit armé revient à faire le jeu des adversaires de la RDC.


L’ombre de Kigali et l’héritage des infiltrations

L’analyste va plus loin en affirmant que certaines revendications politiques internes s’inscrivent dans une stratégie de guerre hybride. Il pointe directement du doigt le rôle du Rwanda et du leadership de l’ancien président Joseph Kabila, accusés d’alimenter une « cinquième colonne » au sein du paysage politique et militaire congolais.

Rappelant les conséquences des précédents processus de paix (Sun City, Nairobi, Lusaka), Guy Mafimba dénonce la logique des « vrais-faux dialogues » qui, selon lui, ont affaibli les institutions congolaises :

Le brassage et le mixage : Des mécanismes qui ont conduit à une infiltration profonde des Forces armées (FARDC) et des services de renseignement.

Le partage du butin : Une politique d’apaisement qui a transformé le Congo en ressources à redistribuer entre belligérants et acteurs régionaux, au détriment de 100 millions de citoyens.

Redéfinir le cadre des concertations nationales

Alors que l’idée d’un dialogue national refait surface, l’analyste propose un cadrage strict pour éviter de reproduire les erreurs du passé. Il refuse l’appellation de « dialogue » au profit de « concertations nationales », assorties de conditions d’inclusivité et d’exclusivité claires :

Intégrer les victimes : Les populations civiles touchées par trois décennies de violences doivent être au cœur des discussions.

Impliquer les pays voisins : Autour de la table, la responsabilité des États de la région doit être posée en toute transparence.

Exclure les belligérants et condamnés : Guy Mafimba demande l’exclusion d’office de figures politico-militaires comme Corneille Nanga, Joseph Kabila, ainsi que des dirigeants du M23 et de tous ceux faisant l’objet de poursuites judiciaires.

Un appel au soutien du cap institutionnel

En conclusion de son analyse, Guy Mafimba invite le président Félix Tshisekedi à « garder le cap » face aux pressions internes et externes. Pour l’analyste panafricaniste, la clarification des positions de chaque acteur politique est le préalable indispensable à toute sortie de crise durable.
« C’est un problème existentiel pour la RDC », résume-t-il, réaffirmant son optimisme quant à la capacité du peuple congolais à surmonter cette épreuve si l’intérêt supérieur de la nation prévaut sur les calculs partisans.

Rédaction

More From Author

Leave a Reply

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

You May Also Like