133 millions de filles privées d’école : urgence et défis pour les droits des jeunes filles à l’ère du numérique

À l’occasion de la Journée internationale de la jeune fille, célébrée ce 11 octobre, la communauté internationale met un accent particulier sur la lutte contre le mariage d’enfants et l’accès universel à l’éducation. Alors que l’UNESCO tire la sonnette d’alarme sur la déscolarisation massive, les jeunes filles congolaises jonglent entre les opportunités des réseaux sociaux et les risques persistants du harcèlement en ligne.

L’éducation, le premier rempart contre la précarité

Célébrée chaque 11 octobre, la Journée internationale de la jeune fille met en lumière les besoins, les potentialités et les droits fondamentaux des filles et des adolescentes à travers le monde. Cette année, l’UNESCO et ses partenaires ont choisi de placer la focale sur la fin du mariage d’enfants et l’investissement dans les droits des filles.


L’organisation onusienne rappelle un chiffre alarmant : environ 133 millions de filles ne sont toujours pas scolarisées dans le monde. Présentant les enjeux de cette commémoration, la journaliste Thérèse Kanku rappelle que cette journée permet de dénoncer les obstacles spécifiques liés au genre et à l’âge, tels que la déscolarisation, les violences sexistes et les grossesses précoces.

« Cette journée met en lumière les besoins, les potentiels et les droits fondamentaux des filles et des adolescentes à travers le monde, tout en promouvant l’accès à l’éducation, à la santé et à des opportunités équitables », souligne-t-on.

Pour accompagner cette mobilisation, la police des Nations Unies (UNPOL) appuie l’organisation d’émissions radiophoniques spéciales visant à sensibiliser les familles, les leaders communautaires et les autorités locales sur la protection des mineures et la prévention des violences.

Entre opportunités et cyberharcèlement : le défi du numérique à Kinshasa

Au-delà des bancs de l’école, la question de l’insertion des jeunes filles dans l’espace numérique s’est imposée au cœur des débats. À Kinshasa, des applications comme WhatsApp, TikTok, Facebook ou Instagram font partie intégrante du quotidien de nombreuses adolescentes, qui y voient un moyen de s’exprimer, d’apprendre ou de lancer de petits commerces.
Cependant, cet eldorado virtuel comporte son lot de dérives. Harcèlement, messages sexistes, insultes et fausses informations découragent parfois les créatrices de contenu. Recueilli par les équipes de reportage, un témoignage illustre les dérives de ces plateformes :

« Elle s’était lancée dans la création de contenu sur TikTok, mais elle a reçu des messages sexistes et des insultes. Du coup, ça l’a beaucoup découragée et elle n’a plus continué. »

Face à ces menaces, Marie-Désange Loumingou, coordonnatrice d’une structure d’encadrement des familles et des enfants à Kinshasa, insiste sur l’importance d’un accompagnement adapté :

« Les jeunes filles doivent être encadrées dans l’utilisation du numérique. Il est essentiel qu’elles apprennent à configurer leurs applications pour verrouiller l’accès aux inconnus, ce qui aide beaucoup à limiter les interactions toxiques. »

Entre émancipation économique et protection contre les cyberviolences, la jeunesse féminine congolaise démontre une résilience remarquable, réclamant d’être considérée non pas comme de simples victimes potentielles, mais bien comme des actrices majeures du changement.

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