Le torchon brûle entre le ministère de l’Enseignement supérieur et universitaire et la communauté académique. En maintenant ses injonctions malgré une décision du Conseil d’État, la ministre Marie-Thérèse Sombo s’inscrit dans une logique de confrontation ouverte, poussant le Collectif des apprenants de troisième cycle DEA/DES à décréter deux journées sans cours à travers le pays.
La crise s’amplifie au sein de l’enseignement supérieur congolais. Dans un communiqué officiel publié ce 9 octobre 2026, le Collectif des apprenants de troisième cycle DEA/DES a exprimé sa profonde indignation face à ce qu’il qualifie de violation flagrante des décisions de justice. Visée directe de cette fronde, la ministre de l’ESU, Marie-Thérèse Sombo, est accusée de piétiner un arrêt du Conseil d’État et de maintenir des mesures contraignant les étudiants du système DEA/DES à clôturer leurs travaux selon des échéances arbitraires et à basculer d’office vers le système LMD.
Malgré cette décision de justice protectrice des droits acquis, la tutelle a réitéré ses directives en fixant une nouvelle date limite au 31 décembre 2026, tout en maintenant l’obligation de la passerelle LMD. Pour le Collectif, cette obstination constitue non seulement une menace pour la sécurité juridique des étudiants, mais aussi un camouflet infligé aux institutions judiciaires, semblant ainsi défier l’autorité du Chef de l’État qui l’a nommée à la tête de ce portefeuille stratégique.
Les signataires rappellent que la haute juridiction administrative reconnaît pourtant aux apprenants le droit d’achever normalement leur cursus dans l’ancien système et d’accéder directement à l’inscription en thèse.
Face à ce passage en force, la riposte s’organise sur toute l’étendue du territoire national.
Les apprenants ont ainsi décrété un mot d’ordre de deux journées sans cours, prévues les mardi et mercredi de la semaine prochaine dans tous les établissements d’enseignement supérieur et universitaire du pays.
La mobilisation s’annonce d’envergure, avec des sit-in pacifiques organisés par les collègues des provinces devant les Gouvernorats pour y déposer un mémorandum, tandis qu’à Kinshasa, un grand rassemblement est programmé dès ce mardi devant le Palais de la Nation afin de soumettre directement les revendications à l’attention du président de la République, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo.
À travers cette action républicaine, les protestataires en appellent à l’implication personnelle du chef de l’État pour exiger un dénouement sous 48 heures et le respect strict des décisions de justice.
En s’appropriant la célèbre citation de Thomas Jefferson, selon laquelle lorsqu’une injustice devient une loi, la résistance devient un devoir, les chercheurs de troisième cycle affichent leur détermination inébranlable à défendre leur avenir académique et scientifique face à l’arbitraire ministériel.
C. K. L.
