L’horloge tourne, 2028 approche. Mais la caisse est vide. Plus d’un an après avoir dévoilé sa feuille de route 2025-2029, présentée comme « la boussole » vers les prochaines élections, la CENI est au bord de l’asphyxie financière. Sa boussole n’a plus de pile.
Ce jeudi 24 septembre, Denis Kadima Kazadi a débarqué au bureau du Vice-Premier ministre au Budget, Adolphe Muzito, pour une rencontre de la dernière chance.
En coulisses, la CENI mendie son budget
Face à Muzito, Kadima a déposé sur la table les priorités qui ne peuvent plus attendre : l’enrôlement massif des électeurs, les opérations pré-électorales, et toute la machine des scrutins de 2028. Sans argent, rien ne démarre.
Mais officiellement, tout va bien. Kadima garde le sourire et joue la carte de la diplomatie institutionnelle :
« Vous savez, la CENI est une institution publique qui émarge au budget de l’État, et il est tout à fait naturel que nous rencontrions le Vice-Premier ministre qui est en charge du Budget pour discuter justement des questions y relatives. Il y a une enveloppe qui est proposée au Parlement. Vous savez, l’autorité budgétaire, c’est au niveau du Parlement. Donc, il y aura des discussions, il y aura des rencontres ultérieures. Mais, en tout cas, à ce stade, bon, ça va »
Le « ça va » qui veut tout dire. Car sur le terrain, rien ne va.
« Il faut y penser maintenant ! » L’avertissement de KADIMA
Kadima le sait, préparer une élection ne se fait pas en six mois. Il faut des années. Il a donc insisté, encore et encore, pour que le gouvernement intègre les élections de 2028 DÈS MAINTENANT dans le budget.
« Nous tenons compte du fait que nous ne sommes pas une institution qui fonctionne isolément du reste du pays. Il y a beaucoup de besoins. Nous demandons seulement au Gouvernement de tenir compte du fait qu’il y a des élections qui doivent venir en 2028. Donc, il faut y penser, il faut prévoir un budget pour ça. Mais sinon, nous n’imposons rien, nous ne faisons que des propositions. Les actes prioritaires pour le moment, par exemple, c’est l’enrôlement des électeurs, suivi plus tard des opérations électorales telles que les scrutins et tout ça. Ça s’étale sur une longue période »
Une feuille de route bloquée depuis Avril 2025
Présentée en grande pompe le 4 avril 2025, la feuille de route était censée être le gage de la transparence et du respect de la Constitution. Un an et demi plus tard ? La plupart des activités n’ont même pas commencé. Aucune communication. Silence radio depuis la visite de Kadima à l’entrepôt central le 6 mai 2025 pour vérifier le matériel.
Et pendant ce temps, les contestations des élections de décembre 2023 continuent de planer.
À la sortie de chez Muzito, Kadima affiche son optimisme :
« Donc, pour nous, c’est important d’avoir ces échanges avec le ministre et de voir dans quelle mesure ils peuvent tenir compte de ces besoins-là. Le ministre est ouvert. On a parlé, on est sur la même longueur d’onde. Évidemment, il y aura d’autres structures, d’autres institutions qui vont aussi intervenir. C’est une discussion qui va continuer jusqu’à ce que le budget soit adopté. Mais sinon, pour le moment, ça va bien »
« Ça va bien » pour l’instant. Mais si le financement ne suit pas, c’est tout le processus électoral de 2028 qui risque de dérailler.
Charlotte MUKANGA
