KINSHASA : « Le haricot est un médicament, le formol est un poison » – Interview choc avec un nutritionniste de la capitale

Alors que la consommation de vivres frais conservés au formol explose à Kinshasa, le nutritionniste Jean tire la sonnette d’alarme et réhabilite le haricot.La tendance est inquiétante dans les ménages kinois.

On boude de plus en plus le haricot local au profit des poissons, viandes dits « vivres frais », très souvent conservés au formol. Pour comprendre les dangers et les alternatives, nous avons rencontré le nutritionniste Jean.

Pourquoi le haricot devrait revenir au centre de notre alimentation ?

 » Merci pour l’invitation. Écoutez, le haricot est ce que j’appelle un aliment-médicament complet. Contrairement à ce que beaucoup de Kinois pensent, ce n’est pas la nourriture des pauvres, c’est la nourriture des intelligents. Le haricot contient plus de protéines que beaucoup de viandes que nous achetons. Il est bourré de fibres, de fer, de magnésium. Un enfant qui mange du haricot trois fois par semaine est protégé contre l’anémie et la malnutrition. »

Concrètement, quels sont ses bienfaits sur le corps ? »

Il y en a quatre majeurs. D’abord, il protège le cœur. Ses fibres solubles font baisser le mauvais cholestérol. Deuxièmement, il stabilise le diabète. Il libère le sucre lentement, donc pas de pic de glycémie. Troisièmement, il est excellent pour le tube digestif, il combat la constipation et nourrit les bonnes bactéries de l’intestin. Et enfin, il donne une satiété durable. Vous mangez peu, mais vous tenez longtemps ». Et pourtant, les Kinois courent vers les vivres frais en formol.

Quel est votre regard ?

« C’est là que mon cœur saigne. C’est une catastrophe sanitaire. Le formol n’est pas un conservateur alimentaire, c’est un produit de morgue ! On l’utilise pour conserver les cadavres. Quand un vendeur met du formol sur un poisson ou de la viande, il tue les microbes, oui, mais il transforme cet aliment en poison lent pour l’homme. »

Quels sont les risques pour ceux qui en consomment ?

 » Je vais être très direct. Le formol est cancérigène. À force d’en consommer, vous préparez le cancer du foie, de l’estomac, du sang. Il détruit les reins, il brûle l’estomac, il provoque des insuffisances rénales irréversibles. Beaucoup de gastrites, de nausées, de fatigues inexpliquées que nous voyons à l’hôpital aujourd’hui viennent de là. C’est un suicide à petit feu. »

Votre mot de la fin pour les Kinois ?

 » Mon message est simple : chers Kinois, le luxe ce n’est pas manger du poisson qui brille parce qu’il est plein de formol. Le vrai luxe, c’est d’être en bonne santé. Revenez au haricot, revenez à nos produits locaux. Il coûte moins cher, il nourrit mieux et il ne vous tuera pas. Et j’interpelle les autorités : il faut des contrôles sévères dans les ports et les chambres froides. On ne peut pas laisser la population s’empoisonner.

Comme le dit l’adage : « Qui joue avec le feu finit par se brûler. »

À force de fuir le haricot par peur de paraître pauvre, les Kinois courent vers le formol et se condamnent eux-mêmes. Mieux vaut un ventre plein de haricot qu’un cercueil rempli de regrets.

Joël Ekutshu

More From Author

Leave a Reply

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

You May Also Like