La République démocratique du Congo entend renforcer sa coopération économique avec le Royaume-Uni en misant sur les investissements directs, la transformation locale de ses ressources naturelles et le développement de son industrie. C’est le message défendu par la délégation gouvernementale congolaise à l’occasion du UK-DRC Economic Forum, organisé du 2 au 4 novembre 2026 à Londres.
Au cours de ces assises, le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya, le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya, ainsi que le directeur général de l’Autorité de régulation de la sous-traitance dans le secteur privé (ARSP), Juaned Belkas, ont notamment porté une vision commune autour de la valorisation du potentiel économique congolais et de l’attractivité du pays auprès des investisseurs britanniques.
Des ressources naturelles à transformer sur le territoire congolais
Au centre des discussions figure une question stratégique : comment permettre à la RDC de ne plus se limiter à l’exportation de ses matières premières, mais de développer des unités industrielles capables de transformer localement ses ressources ?
Avec ses importantes réserves de cobalt, de cuivre, de lithium et d’autres minerais stratégiques, la RDC occupe une position importante dans les chaînes d’approvisionnement mondiales, particulièrement dans le secteur des batteries électriques et de la transition énergétique.
Le gouvernement congolais souhaite ainsi attirer les capitaux et l’expertise britanniques pour développer des chaînes de valeur industrielles sur le territoire national. L’objectif est de créer davantage d’emplois, de favoriser le transfert de compétences et d’accroître la valeur ajoutée produite localement.
L’ARSP et la question de la sous-traitance locale
La participation de l’ARSP à ce forum revêt également un intérêt particulier. La sous-traitance constitue un mécanisme important pour favoriser la participation des entreprises congolaises à l’économie nationale.
L’enjeu est notamment de faire en sorte que les investissements étrangers profitent également au tissu entrepreneurial local, à travers les partenariats entre entreprises internationales et sociétés congolaises, le développement des PME et l’accès des entrepreneurs nationaux aux marchés de sous-traitance.
Cette dimension est essentielle pour éviter que les investissements étrangers ne produisent des retombées limitées, sans véritable intégration des entreprises locales dans les chaînes de production.
Londres et Kinshasa veulent renforcer leurs échanges commerciaux
Les autorités congolaises ont également plaidé pour une coopération économique plus dynamique avec Londres. Parmi les propositions avancées figurent la facilitation des déplacements des hommes d’affaires, l’ouverture d’une liaison aérienne directe entre Kinshasa et Londres, ainsi que la mobilisation des institutions britanniques de financement pour accompagner les projets industriels et commerciaux en RDC.
Le Royaume-Uni dispose notamment de mécanismes de financement susceptibles d’accompagner les entreprises britanniques souhaitant investir dans l’agro-industrie, les énergies renouvelables, les infrastructures et la transformation des ressources naturelles.
La RDC bénéficie par ailleurs du régime commercial préférentiel britannique, qui prévoit l’exemption de droits de douane pour 99,8 % des catégories de produits congolais éligibles.
Une ambition économique qui devra se traduire en résultats concrets
Le forum s’est achevé le 4 novembre avec la signature d’une « Déclaration de Londres », destinée à formaliser des engagements réciproques du secteur privé et des recommandations adressées aux deux gouvernements.
Plus de 80 chefs d’entreprise et capitaines d’industrie ainsi qu’une centaine d’entrepreneurs de la diaspora congolaise établie au Royaume-Uni auraient pris part à ces assises.
Toutefois, au-delà des déclarations d’intention et des rencontres diplomatiques, le véritable enjeu demeure la concrétisation des engagements annoncés : combien d’investissements seront effectivement mobilisés ? Combien d’entreprises congolaises bénéficieront de ces partenariats ? Et surtout, combien d’emplois seront créés sur le territoire national ?
Pour la RDC, l’enjeu est de transformer son potentiel naturel en richesse économique réelle, au bénéfice de sa population. Le partenariat avec le Royaume-Uni pourrait constituer une nouvelle opportunité, à condition que les engagements pris à Londres se traduisent par des projets financés, des infrastructures opérationnelles et une véritable industrialisation de l’économie congolaise.
Mardochée munsi
