En quête de solutions face à l’asphyxie financière de la presse papier en RDC, une délégation de l’Association nationale des éditeurs du Congo (ANECO), menée par son président Cyrille Kileba, s’est entretenue ce mardi avec le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya Katembwe. Face à l’explosion des coûts de production et au retard de modernisation de l’outil de travail, le patronat de la presse écrite est venu réclamer l’application effective des engagements pris par l’État.
Au cœur du plaidoyer figure la recommandation n°51 des États généraux de la Communication et Médias de janvier 2022 : la création d’une chaîne graphique nationale. Censé réduire drastiquement les coûts d’impression et rehausser la qualité des tirages, ce projet prioritaire piétine depuis plus de quatre ans. « Nous sommes venus exposer au ministre une situation très préoccupante. On ne peut pas abandonner le papier », a martelé Cyrille Kileba, déplorant la stagnation des réformes promises.
Reconnaissant l’urgence de la crise, le ministre Patrick Muyaya a réaffirmé la détermination de l’exécutif à préserver le secteur, tout en posant ses conditions :
- Un préalable d’assainissement : Tout soutien public sera conditionné à un filtrage rigoureux des entreprises de presse.
- L’exigence de critères professionnels : L’État veut s’assurer que les subsides ciblent des rédactions viables et identifiées, compte tenu de l’opacité de certains organes.
- Une structuration de l’aide : L’ANECO s’est engagée à soumettre rapidement un dossier technique complet, destiné à être examiné au plus haut niveau de l’exécutif.
Face aux mutations technologiques, l’ANECO prône un modèle hybride : préserver l’imprimé tout en amorçant une transformation numérique progressive des entreprises de presse. Une feuille de route conjointe devrait formaliser ces mesures pour garantir la viabilité économique et la professionnalisation du secteur en RDC.
Rédaction
