REDEVABILITÉ AN 1 : MARC EKILA DÉVOILE LE PLAN « 145 TERRITOIRES » POUR EN FINIR AVEC LA MAIN-D’ŒUVRE NON QUALIFIÉE

Kinshasa, 26 août 2026. Devenu autonome il y a près de dix ans après sa tutelle sous l’EPST, le Ministère de la Formation Professionnelle a enfin son document d’orientation. Son titulaire, Marc Ekila Likombo, s’est prêté à l’exercice de redevabilité de l’An 1 du Gouvernement Suminwa II, aux côtés de sa collègue de la Jeunesse, face aux journalistes Sandra Nyangi et Blaise Bokokia de la RTNC.

Le défi est clair : repeupler le capital humain congolais et mettre fin à la rengaine des employeurs sur l’inadéquation entre formation et emploi.Une première : une politique nationale sur 10 ans et des centres dans les 145 territoires« L’ordonnance qui me nomme fait de moi le ministre de la Formation professionnelle, tout court. Donc, il faut professionnaliser les métiers », a-t-il martelé.

Pour la première fois depuis l’existence du ministère, le pays est doté d’un document de politique nationale de formation professionnelle sur dix ans. Son nom : « 145 territoires de la formation professionnelle ». Un répertoire qui recense tous les métiers à développer dans chaque territoire pour permettre aux jeunes de rester sur place.« Cela appelle une grande politique de construction des centres publics de formation. L’État doit disposer de ses propres centres. Nous avons donc lancé ce programme de construction à travers toute la République », a expliqué le ministre, citant l’inauguration du premier centre public moderne à Dilala, au Lualaba, en synergie avec HP.Il annonce aussi avoir rattaché à son ministère plusieurs centres de qualité, y compris ceux appartenant à des sociétés minières, désormais agréés et tenus de rendre compte.

22 000 Congolais vers la certification et 7 000 dépendants de militaires formés

Pour répondre à l’absence de main-d’œuvre congolaise dans les mines – occupées par des Sud-Africains, Zimbabwéens ou Éthiopiens , le ministère mise sur la certification. « Le problème en RDC n’est pas l’absence de compétences, mais la certification de ces compétences », a-t-il précisé.

Un mécanisme de Valorisation des Acquis de l’Expérience (VAE) a été mis en place avec des jurys présidés par les employeurs eux-mêmes (FEC, ANEP). Plus de 22 000 personnes se sont déjà inscrites.Volet social : plus de 7 000 dépendants de militaires et policiers ont été formés à travers la République pour soutenir les familles des défenseurs de l’intégrité territoriale. Parallèlement, 800 jeunes ont été formés et accompagnés à l’entrepreneuriat au centre de Mombele.

Cap sur les métiers d’avenir : académie portuaire à MatadiAu-dessus des centres, le ministère crée des académies et écoles technologiques pour le numérique, l’IA, la transition écologique et les métiers verts, accessibles avec un diplôme d’État.

« Nous avons lancé à Matadi, avec notre partenaire MGT, une cohorte de plus de 40 jeunes de niveau G3 qui apprennent les métiers portuaires », a conclu Marc Ekila.

Joël Ekutshu

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