RDC : après la création du FRN, Kinshasa a-t-il fermé la porte au dialogue national ?

C’est NON et c’est définitif. Le gouvernement congolais vient de trancher sur la question qui divise Kinshasa : Joseph Kabila participera-t-il au dialogue national annoncé par Félix Tshisekedi ? La réponse est cinglante. Face à la presse lors de son briefing hebdomadaire, le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya n’a pas mâché ses mots. Pour l’exécutif, l’ancien Président devenu chef du Front pour la Refondation de la Nation (FRN) n’est plus un acteur politique, mais un chef rebelle.

Le message de Kinshasa est clair : Pas de prime à la guerre

Alors que l’opposition réclame une table ronde ultra-inclusive avec tous les faiseurs de guerre, le pouvoir trace une ligne rouge. Une ligne étanche entre le débat républicain et le front militaire. Interrogé sur une éventuelle invitation de Joseph Kabila aux assises, Patrick Muyaya a fermé le débat : « Toutes les questions liées au M23 rénové ou au M23/Kabila sont traitées dans le cadre de Doha. »

En une phrase, tout est dit. En qualifiant la coalition de Kabila de « M23 rénové » ou « M23/Kabila », Kinshasa refuse de lui donner une légitimité politique.

Deux canaux, deux traitements : Le Dialogue National est réservé au préalable aux républicains. C’est-à-dire, Partis politiques qui respectent la Constitution, société civile, forces vives de la Nation. Quand à Doha, est réservé aux groupes armés et à leurs parrains.

Pour le gouvernement, la démocratie ne peut se négocier avec des armes. Prendre les armes contre la République, est une exclusion automatiquement du débat démocratique interne. C’est la fin du chantage sécuritaire.

Charlotte MUKANGA

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