La fragilité des annonces monétaires en RDC : un double discours qui coûte cher

Le Gouverneur de la Banque Centrale du Congo, André Wameso, a voulu rassurer le Sénat le 28 avril 2026. Il a parlé de résilience économique, d’appréciation du franc congolais et de mesures fortes comme l’exclusivité de la BCC sur l’importation des devises. Mais sa précision sur la détention de dollars par les particuliers — « ne constitue en aucun cas une infraction » — révèle une contradiction lourde de conséquences.

Car si les citoyens peuvent conserver librement des billets verts, le communiqué du 9 avril 2026 perd toute sa force normative. Il devient un texte de façade, juridiquement fragile, incapable de s’imposer dans la pratique. Cette incohérence n’est pas anodine : elle mine la crédibilité de la Banque Centrale et expose l’économie à une perte de confiance.

Les conséquences sont multiples :

  • Pour les ménages, la confusion entretient l’incertitude. Faut-il privilégier le franc congolais ou continuer à thésauriser en dollars ? L’absence de clarté pousse à la prudence, souvent au détriment de la monnaie nationale.
  • Pour les entreprises, notamment celles qui importent, l’ambiguïté complique la planification financière. Les règles semblent changer au gré des communiqués, sans garantie de stabilité.
  • Pour les investisseurs, cette contradiction envoie un signal négatif. Elle suggère que les décisions monétaires ne reposent pas sur une stratégie cohérente, mais sur des ajustements improvisés.

A en croire le Professeur Jo M SEKIMONYO, la Banque Centrale se retrouve piégée dans son propre discours. Elle proclame des mesures fortes pour affirmer son autorité, mais les relativise aussitôt pour éviter le choc social. Ce double langage traduit une gouvernance hésitante, qui fragilise la monnaie nationale et ralentit la confiance indispensable à la croissance.

Rédaction

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