Kinshasa : Une veuve de militaire FARDC victime de violences policières sur le Boulevard du 30 Juin
Une veuve de militaire des Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) a été brutalement projetée dans un caniveau et grièvement blessée à la jambe sur le Boulevard du 30 Juin, à Kinshasa, à la suite d’une manœuvre irresponsable d’un pick-up de la Police Nationale Congolaise (PNC). L’incident, survenu ce jour vers 11 h 50 au niveau de l’arrêt Chancellerie — à proximité immédiate de la Direction Générale de Migration (DGM) —, remet au centre du débat public la question du manque de professionnalisme de la police et la traque pécuniaire dont sont victimes les citoyens et les transporteurs urbains.
Le récit d’une bavure spectaculaire en plein cœur de la capitale
Alors qu’il était près de midi, la quiétude des usagers du Boulevard du 30 Juin a été violemment perturbée par une intervention policière incontrôlée. Un véhicule de type pick-up de la Police Nationale Congolaise, non immatriculé et transportant des agents vêtus de tenues réglementaires caractérisées par des bandes vertes et des insignes jaunes au bras, s’est lancé dans une poursuite aux motifs flous et non déterminés.
En tentant d’intercepter un taxi-voiture, le pick-up des forces de l’ordre a brutalement percuté ce dernier alors qu’il se trouvait correctement stationné à l’arrêt Chancellerie, dans le respect absolu du marquage au sol et des normes de circulation. Sous l’impact du choc, le taxi a été projeté contre une dame du troisième âge. La victime, visiblement fatiguée et vulnérable, a subitement été projetée dans le caniveau adjacent, se retrouvant à moitié nue et en état de choc critique sous les yeux des passants consternés.
Délit de fuite et indifférence policière : la solidarité citoyenne en première ligne
À bord du véhicule des forces de l’ordre, l’opération était sous le commandement direct d’un officier au grade de capitaine. Prenant conscience que la vieille dame fauchée n’était pas la cible initiale de leur traque, l’officier a immédiatement ordonné au chauffeur une manœuvre d’évitement spectaculaire. Simulant la continuité de la poursuite du taxi pour faire illusion devant les témoins, le pick-up a en réalité pris la fuite pour se soustraire à toute responsabilité.
Fait particulièrement grave : aucun des éléments de police présents à bord n’a daigné porter assistance à la victime, la laissant abandonnée à son sort. C’est finalement grâce à la prompte mobilisation et à la solidarité des passagers et des témoins présents que la dame a pu être relevée. Pour tenter d’apaiser la violente douleur et l’enflure de sa jambe, ces derniers l’ont immédiatement assistée en lui appliquant des glaçons et des bouteilles d’eau fraîche en attendant une prise en charge plus adéquate.
Le profil poignant d’une victime du devoir patriotique
Interrogée par les riverains venus à son chevet, la victime a décliné son identité avec une grande émotion : elle est l’épouse d’un militaire des FARDC tombé au front il y a tout juste un an, dans le cadre de la guerre d’agression imposée à la République Démocratique du Congo dans sa partie Est. Selon ses propres déclarations, la dame quittait son domicile pour se rendre à un contrôle médical de routine, au moment où son destin a basculé à cause de cette bavure.
D’après les témoignages concordants recueillis sur place par les usagers du boulevard, le pick-up incriminé proviendrait du Camp Kokolo. De nombreux riverains et chauffeurs dénoncent des interventions récurrentes et arbitraires menées par les éléments de cette unité. Ces derniers s’adonnent régulièrement à des traques violentes et ciblées contre les chauffeurs de taxis et de taxis-motos, opérant au mépris le plus total des droits fondamentaux et de la dignité humaine.
Le professionnalisme de la PNC en question : la quête de gain plutôt que la sécurité
Cet événement réouvre un débat houleux sur le rôle réel et la déontologie de la Police Nationale Congolaise dans la capitale. Alors que sa mission constitutionnelle fondamentale demeure la protection inconditionnelle des personnes et de leurs biens, la réalité sur le terrain dépeint un tableau bien sombre : les patrouilles et interventions semblent davantage motivées par la recherche de gains financiers et le harcèlement des citoyens que par le maintien d’une véritable sécurité publique.
Refusant de subir cette injustice dans le silence, la victime a fermement affiché sa volonté de saisir officiellement le commandement de la base militaire du Camp Kokolo. Son objectif est de porter sa voix auprès des autorités hiérarchiques, d’obtenir justice pour l’agression subie et d’exiger la prise en charge de ses soins médicaux.
C. K. L.
