Kinshasa-Matete : impayés depuis plusieurs mois, les infirmiers de l’hôpital Omeco décrètent un mouvement de grève, les patients en paient le prix

Une jeune mère renvoyée sans vaccin pour son bébé. La colère a éclaté ce mercredi 21 octobre à l’hôpital Omeco de Matete, à Kinshasa. Les infirmières et infirmiers ont déclenché un mouvement de grève pour dénoncer plusieurs mois d’arriérés de salaire. Selon le constat fait par Charlotte Mukanga, reporter de CongoMarketNews.com, les soins sont au point mort et ce sont les patients les plus vulnérables qui en paient le prix.

Ce mercredi matin, une jeune femme mariée s’est présentée avec son bébé pour la vaccination de routine. Elle a été purement et simplement refoulée au motif d’une grève. Pas de vaccinateurs, pas de service.

« Je suis venue tôt pour le vaccin de mon enfant, on m’a dit qu’il n’y a pas de service aujourd’hui à cause de la grève. Mon bébé doit être vacciné, je ne sais pas quoi faire », témoigne Clarisse, désemparée devant le portail de l’hôpital.

Selon plusieurs infirmiers rencontrés sur place, qui ont requis l’anonymat, la situation est devenue intenable. Ils affirment cumuler plusieurs mois sans percevoir le moindre franc.

« Comment voulez-vous qu’on travaille avec le ventre vide ? Nous avons des familles, des loyers à payer, des enfants à nourrir. On nous demande de soigner, mais qui nous soigne, nous ? », s’indigne un infirmier gréviste.

Les blouses blanches dénoncent un manque total de considération de la part de la direction de l’établissement. Malgré plusieurs rappels et promesses, aucun salaire n’a été versé. Même un service minimum est non assuré. Si le droit de grève est reconnu, l’abandon total des services essentiels, notamment la vaccination infantile, inquiète. À Omeco, même le service minimum n’a pas été assuré ce mercredi, selon plusieurs témoins.

Une situation qui fait craindre des conséquences graves pour la santé publique dans cette commune populeuse de Kinshasa, où cet hôpital constitue un recours de proximité pour des milliers de ménages. Jusqu’à quand ? Les grévistes préviennent : sans paiement, pas de reprise. Ils conditionnent la levée de leur mouvement au versement intégral de leurs arriérés. Contactée, la direction de l’hôpital Omeco ne s’est pas encore prononcée. Pendant ce temps, à Matete, des bébés restent sans vaccins et des malades sans soins.

Charlotte MUKANGA

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