C’est devenu le quotidien des Kinois. Partir de l’UPN à 6h du matin pour arriver à Gombe à 10h. Faire Victoire – Matete en 3 heures. À Kinshasa, la route n’est plus une route, c’est une épreuve, constatent les reporters de CongoMarketNews.com.
Chaque jour, des millions de personnes perdent leur temps, leur énergie et leur argent dans des embouteillages monstres qui paralysent la capitale.
Le décor est toujours le même. Des files de véhicules à perte de vue, klaxons assourdissants, chauffeurs impatients qui créent une troisième, voire une quatrième bande. Au milieu, des vendeurs à la sauvette, des mendiants et des motocyclistes qui se faufilent entre les voitures.
« Je quitte Masina à 5h pour être au travail à Gombe à 8h. Si je sors à 6h, je suis sûr d’arriver en retard et on me coupe le salaire. C’est devenu un stress chaque matin », raconte Patrick, agent dans une banque.
« Le pire c’est le soir. Tu peux rester bloqué 2h sur le boulevard Lumumba sans avancer. Tu arrives à la maison épuisé, tu n’as même plus le temps de voir tes enfants », se plaint Maman Anto, vendeuse au Marché Central.
Mais pourquoi ça bloque ?
Les raisons sont connues de tous. D’abord, trop de voitures pour des routes trop petites, la plupart datant de l’époque coloniale et jamais élargies.
Ensuite, l’indiscipline. Les chauffeurs de taxis et taxis-bus s’arrêtent n’importe où pour prendre des clients. Un simple arrêt au rond-point Victoire ou à Matete peut bloquer toute une commune.
Il y a aussi les épaves. Des véhicules en panne abandonnés au milieu de la chaussée pendant des jours, et les marchés pirates qui débordent sur la route. Sans oublier les tracasseries routières qui entravent la circulation.
Enfin, l’absence de feux de signalisation fonctionnels et de policiers de roulage à chaque carrefour. Quand il n’y a personne pour réguler, c’est la loi du plus fort.
Conséquence directe : le prix du transport explose aux heures de pointe. Un trajet qui coûte 1500 FC le matin peut passer à 3000 FC le soir, simplement parce que le chauffeur sait qu’il va passer 3h dans le bouchon.
Pendant que la ville grandit, les routes, elles, rétrécissent. Et à ce rythme, faire 10 km à Kinshasa deviendra bientôt une demi-journée de voyage.
Charlotte MUKANGA
