Le directeur général de l’Institut national de recherche biomédicale et membre de la task force présidentielle, le professeur Jean Jacques Muyembe, tire un bilan encourageant de la riposte contre l’épidémie de maladie à virus Ebola en République démocratique du Congo.
S’exprimant lors du briefing presse tenu ce mardi 15 septembre à Kinshasa, le célèbre virologue congolais confirme une nette amélioration de la situation épidémiologique sur le terrain, particulièrement dans la province de l’Ituri.
Le scientifique souligne qu’il a été agréablement surpris de constater une baisse significative de la mortalité dans les différents centres de traitement de Bunia, observant une sérénité retrouvée au sein des populations locales.
L’analyse minutieuse des indicateurs clés témoigne d’une maîtrise progressive de la transmission du virus.
Le professeur Jean Jacques Muyembe explique que le suivi exhaustif des contacts est passé de moins de 40 % au début de la riposte à plus de 80 % actuellement. La capacité diagnostique du pays s’est également renforcée de manière spectaculaire, le réseau de laboratoires étant passé de deux structures initiales à vingt-quatre laboratoires opérationnels déployés jusqu’au cœur des zones affectées.
Le virologue précise que cette montée en puissance du dispositif d’analyse a permis de faire chuter le taux de positivité des échantillons prélevés de 60 % aux premiers jours de la crise à environ 20 à 25 % aujourd’hui.
Sur le plan épidémiologique, l’évolution de la courbe montre des tendances contrastées selon les régions concernées.
Le chercheur indique que la province de l’Ituri a désormais dépassé son pic épidémique et s’inscrit sur une pente résolument descendante. Il nuance toutefois ce constat pour la province du Nord-Kivu, où la dynamique exige de maintenir une vigilance maximale.
Le professeur Muyembe rappelle que le succès de la riposte repose sur l’utilisation stratégique du vaccin pour protéger le personnel de santé, combinée à l’expérimentation prometteuse de molécules antivirales innovantes.
L’engagement direct des habitants constitue le pilier fondamental pour terrasser définitivement la maladie.
Le directeur général de l’INRB insiste sur le fait que la prise en compte des dimensions socioculturelles et la fin de la méfiance communautaire ont transformé la dynamique de la riposte. Il salue la généralisation des enterrements dignes et sécurisés réalisés avec l’implication active des proches.
Le professeur Jean Jacques Muyembe réaffirme la détermination des équipes médicales à poursuivre les efforts d’assainissement sanitaire pour offrir des festivités de fin d’année dans des conditions totalement sécurisées à l’ensemble de la population.
C. K. L.
