Un mois après la déclaration officielle de l’épidémie d’Ebola dans l’est de la République démocratique du Congo, le Ministre de la santé, Samuel Roger Kamba a dressé un bilan contrasté, lors de son passage au Briefing du lundi 15 juin.
D’après les statistiques du 14 juin, 808 cas confirmés ont été recensés, dont 192 décès, 363 personnes placées sous observation et plus de 50 guérisons.
Si la gravité de la situation est indéniable, le taux de létalité stabilisé à 23 % constitue un motif d’espoir : près de huit patients sur dix survivent lorsqu’ils sont pris en charge rapidement. Le ministre de la Santé, Dr Roger Kamba, a insisté sur l’importance d’un diagnostic précoce, illustré par le témoignage d’un rescapé exhortant la population à ne pas cacher les symptômes et à faire confiance aux équipes médicales.
La zone de santé de Mongbwalu, dans la province de l’Ituri, reste l’épicentre de la contagion, tandis que 31 zones de santé des provinces de l’Ituri, du Nord-Kivu et du Sud-Kivu sont placées sous haute surveillance.
Cependant, la riposte se heurte à des obstacles majeurs : le déni de la maladie, les croyances mystiques, le refus des enterrements sécurisés et un traçage des contacts limité à 63 %, loin du seuil de 95 % recommandé.
Pour renforcer l’efficacité de la réponse, le gouvernement mise désormais sur l’implication des chefs coutumiers et sur le déploiement massif de relais communautaires : 1 000 agents sont déjà sur le terrain pour repérer les cas suspects et orienter les malades vers les structures de soins.
Malgré les difficultés, le Dr Kamba affirme que la hausse des cas détectés traduit une intensification du dépistage et un maillage territorial plus efficace.
La lutte continue, avec la conviction que chaque progrès dans la sensibilisation et la prise en charge rapproche le pays d’une maîtrise durable de l’épidémie.
Par ailleurs, le ministre de la Santé a alerté sur la résistance communautaire. A ce sujet, il a évoqué les défis majeurs liés à cette riposte.
- Résistance communautaire : une partie de la population continue de croire qu’Ebola est une maladie mystique ou inventée. Cette méfiance retarde la prise en charge et favorise la propagation.
- Enterrements sécurisés : certaines familles refusent l’intervention des équipes médicales, préférant organiser elles-mêmes les funérailles, ce qui accroît les risques de contamination.
- Surveillance des contacts : de nombreux cas échappent au suivi car les proches refusent de collaborer ou se cachent.
- Relais communautaires : plus de 2 200 agents ont déjà été formés et 8 000 mobilisés pour sensibiliser les familles et signaler les cas suspects.
Le ministre a insisté sur le rôle crucial des leaders communautaires :
- Informer les populations que la maladie est bien réelle et non mystique.
- Encourager un diagnostic précoce pour maximiser les chances de guérison.
- Soutenir les enterrements dignes et sécurisés afin de protéger les familles.
Malgré des défis logistiques et une forte résistance sociale, la riposte progresse.
Le ministre a souligné que chaque guérison est une preuve tangible que la maladie peut être vaincue, à condition que les communautés s’engagent pleinement dans la lutte.
JEB
