Dialogue national : L’opposition et la CENCO insistent sur l’inclusivité ; le pouvoir, en revanche, reste catégorique sur sa démarche exclusive

Mais qui l’emportera au bout du compte ? La bataille sur le format du dialogue national se poursuit sans relâche. Mercredi 16 septembre 2026, lors d’un atelier organisé par la Commission Épiscopale Justice et Paix (CEJP) pour la Journée internationale de la paix des Nations unies, des représentants de la majorité, de l’opposition et des confessions religieuses se sont de nouveau affrontés autour du même sujet.

D’abord, le secrétaire général de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO), Monseigneur Donatien Nshole a, lors de sa prise de parole, estimé qu’‘‘aucune paix durable ne peut être construite sans une participation effective de tous les acteurs de la nation’’, tout en précisant que l’inclusivité constitue une exigence fondamentale pour garantir la légitimité, la ’’crédibilité et l’efficacité de tout processus de dialogue.’’

« Notre pays, la RDC, continue à faire face à de nombreuses preuves : conflits armés récurrents, déplacements forcés de populations, pauvreté, inégalités sociales, méfiance entre des acteurs politiques et fractures communautaires. Ces réalités fragilisent la cohésion nationale et compromettent les aspirations légitimes de nos populations à la paix et au développement. Face à ces défis, Justice et Paix Congo estime qu’aucune paix durable ne peut être construite sans une participation effective de tous les acteurs de la nation. », a d’abord déclaré le porte-parole de la CENCO, avant de préciser que :

« L’inclusivité constitue une exigence fondamentale pour garantir la légitimité, la crédibilité et l’efficacité de tout processus de dialogue. C’est pourquoi nous avons choisi de consacrer cette édition aux questions de la légitimité du dialogue comme voie d’autodétermination du peuple congolais. », a ajouté Mgr Donatien Nshole.

Prenant la parole à son tour, l’opposant Martin Fayulu a insisté sur la tenue d’un dialogue national inclusif avec notamment la participation des leaders de groupes armés :

« Le Congo a des problèmes. Et pour résoudre ces problèmes qui sont de plusieurs ordres, il faut un dialogue. Mais quel Dialogue ? C’est un dialogue national inclusif. Pourquoi inclusif ? Parce qu’il faut que toutes les couches de la société, de tous les intérêts du pays, toutes les parties prenantes soient représentées. Même ceux qui font la guerre au Congo aujourd’hui. Parce que si nous disons que nous excluons ceux qui font la guerre à leur pays, parce qu’ils sont des congolais, si vous ne les associez pas à ce dialogue, ce que vous balkanisez le pays, parce que par l’armée congolaise, vous n’avez pas pu récupérer nos terres. », a-t-il déclaré.

Marie-Ange Mushobekwa, a pour sa part, plaidé pour la tenue d’un dialogue national inclusif dans un pays tiers afin d’assurer la sécurité de tous les participants. Elle appelle également à la libération des opposants qui, selon elle, sont détenus injustement :

« J’ai parlé d’un dialogue inclusif qui devrait réunir toutes les parties y compris celles qui fâchent… Nous souhaiterions que ce dialogue se tienne dans un pays tiers afin d’assurer la sécurité de tous les participants. Les autorités de notre pays devraient respecter leur engagement celui de veiller à la décrispation du climat politique en libérant tous les opposants qui sont détenus injustement. », a lancé cette figure emblématique du PPRD de Joseph Kabila.

En revanche, Patrick Muyaya, porte-parole du gouvernement, a invité les opposants qui ont pris les armes à bien vouloir les déposer et à rejoindre le camp de la patrie afin de participer à la table des négociations.

« Sur l’inclusivité, j’ai rappelé qu’il existait déjà des cadres de Doha et de Washington où nous discutons avec le père, le Rwanda et ses supplétifs du M23. Le président de la République a donné l’occasion pour ceux qui veulent renoncer à ceux qui font comme entreprise avec l’ennemi aujourd’hui et qu’ils veulent rejoindre le camp de la patrie, une opportunité est donnée. », a déclaré le ministre de la communication et médias.

Depuis son annonce par le Chef de l’État, le dialogue national continue de faire couler beaucoup d’encre quant à son format. Si la majorité au pouvoir insiste sur une démarche exclusive, sans la présence de ceux qui ont pris les armes, l’opposition exige au contraire l’inclusivité, avec la participation des leaders des groupes armés de l’Est de la RDC.

Felly Luyindadio

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