Le bras de fer politique entre la majorité présidentielle et l’opposition monte d’un cran en République démocratique du Congo. Dans une mise au point adressée au secrétaire général de l’ECiDé, le professeur Devos Kitoko, le président par intérim de l’Union pour la démocratie et le progrès social, Augustin Kabuya, a vivement réagi à la proposition d’un débat contradictoire formulée par son rival. Tout en reconnaissant la portée théoriquement démocratique d’une telle initiative, le député national de la majorité conditionne tout échange à la clarification préalable des sujets à aborder, accusant le responsable de l’opposition de multiplier les contre-vérités dans l’espace public et de dévoyer son statut académique.
Pour étayer ses critiques, Augustin Kabuya s’appuie sur plusieurs dossiers récents. Il reproche notamment à Devos Kitoko d’avoir publiquement dédouané l’ancien président Joseph Kabila de toute affiliation avec la rébellion du M23 et de l’Alliance Fleuve Congo, avant que les évolutions politiques ne viennent, selon lui, contredire cette posture. Le leader du parti présidentiel conteste également les bilans humains avancés par l’opposition lors des récentes manifestations de rue, soulignant l’absence de preuves formelles transmises aux autorités judiciaires et à la Commission nationale des droits de l’homme. Enfin, il accuse l’ECiDé d’instrumentaliser l’opinion publique autour de faits récents, dont le décès de Manacé Lomboto.
Au-delà de la joute intellectuelle, Augustin Kabuya déplace le terrain de la confrontation sur celui de la légitimité et du poids politique. Défiant la capacité de rassemblement de l’opposition face aux démonstrations de force orchestrées par la majorité à travers le pays, le secrétaire général de l’UDPS conclut en affirmant agir au nom de son mandat d’élu du peuple pour prémunir la population contre toute forme de manipulation, tout en invitant son contradicteur au respect de l’éthique et de la vérité.
C. K. L.
