Bras de fer à l’OIF : comment la RDC imposes son poids démographique face à Paris et Kigali

​La tension diplomatique entre la République démocratique du Congo et l’Organisation internationale de la Francophonie franchit un seuil critique, transformant le choix de la future gouvernance de l’institution en un véritable bras de fer géopolitique. En poussant la candidature de Juliana Amato Lumumba pour succéder à la Rwandaise Louise Mushikiwabo, Kinshasa entend faire valoir son poids politique au sein d’une organisation secouée par les tensions régionales en Afrique centrale. Sur le plan statutaire, l’article 5 de la Charte de la Francophonie fixe d’ailleurs la limite à deux mandats consécutifs de quatre ans pour la direction générale, interdisant toute reconduite au-delà de cette échéance.

​Face à la menace d’un retrait congolais, la diplomatie française multiplie les démarches de médiation et consulte activement les parties prenantes pour éviter une rupture institutionnelle. La tentative d’apaisement attribuée à Paris, consistant à proposer un glissement du calendrier électoral tout en prolongeant la transition en cours, s’est heurtée au refus du président Félix Tshisekedi. Pour Kinshasa, la situation sécuritaire dans le Nord-Kivu et les tensions diplomatiques avec Kigali rendent impensable tout compromis maintenant un statu quo à la tête de l’instance francophone.

​Un éventuel départ de la RDC représenterait un séisme majeur pour la Francophonie. Premier pays francophone de la planète par sa population, le Congo-Kinshasa constitue le principal réservoir démographique et le cœur battant du rayonnement de la langue française dans le monde. Privée de cet ancrage stratégique, l’organisation perdrait l’essentiel de sa représentativité africaine et verrait son influence internationale durablement entamée.

C. K. L.

More From Author

Leave a Reply

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

You May Also Like