La République Démocratique du Congo, la Conférence des Nations Unies sur le Commerce et le Développement (CNUCED) et le Japon ont officiellement lancé, vendredi 6 novembre au Fleuve Congo Hôtel à Kinshasa, le projet « Minéraux essentiels à la transition énergétique en RDC : évaluation rapide du potentiel de diversification et de création de valeur ».
Financée par le Gouvernement du Japon et conduite par la CNUCED, cette initiative vise à identifier concrètement, à partir des capacités productives nationales, les nouveaux produits et secteurs capables de créer de la valeur autour des minéraux critiques, et au-delà du secteur minier.
La cérémonie de lancement s’est tenue en présence du Ministre des Ressources Hydrauliques et de l’Électricité, de représentants de plusieurs membres du Gouvernement, de l’Ambassade du Japon, du secteur privé et du monde scientifique. Elle vient clore une semaine intensive de consultations, du 3 au 7 novembre, menées auprès des institutions publiques, des régies financières, des entreprises, des centres de recherche et des partenaires techniques et financiers.
Deuxième projet issu du partenariat avec la CNUCED
Ce projet est le deuxième engagé dans le cadre du mémorandum d’entente conclu entre la RDC et la CNUCED en 2025. Le premier, consacré au développement holistique des capacités productives de la RDC, se poursuit, avec un document pays actuellement en cours de validation.
Cette nouvelle étape est présentée comme le fruit direct des efforts diplomatiques menés à Genève, tant auprès de la CNUCED que de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC), qui vient de valider le troisième Examen de Politique Commerciale de la RDC.
Une démarche qui s’inscrit, selon les autorités, dans la vision du Président de la République Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, mise en œuvre par le Gouvernement de la Première Ministre Judith Suminwa Tuluka : faire de la présence de la RDC dans les enceintes multilatérales un levier de mobilisation de partenariats et de financements au service du développement national.
Trois exigences pour une diversification ancrée dans le réel
Pour cette évaluation, les autorités congolaises ont fixé trois exigences claires à la CNUCED :
- Partir de l’intérieur : Identifier les opportunités à partir de la demande intérieure et de ce que les entreprises congolaises savent déjà produire, avant de viser les marchés extérieurs.
- Mettre le privé au centre :Placer le secteur privé congolais en première ligne, tant dans les consultations que dans la mise en œuvre future.
- S’appuyer sur les données nationales : Privilégier les données congolaises, en premier lieu celles de la Direction Générale des Douanes et Accises (DGDA), plutôt que de se reposer uniquement sur les bases de données internationales.
L’exemple de la Zambie, de la Namibie et de Madagascar
La démarche n’est pas une première en Afrique. La CNUCED a déjà déployé le même outil dans trois pays du continent, avec des résultats jugés très encourageants :
- Namibie : 353 produits porteurs identifiés pour un potentiel d’exportation de 811 millions USD.
- Zambie :412 produits pour 1,4 milliard USD, avec un potentiel de 115 000 emplois créés. Un cas particulièrement suivi par Kinshasa, les deux pays partageant la ceinture de cuivre.
- Madagascar : 259 produits pour 1,1 milliard USD.
Ces pays disposent aujourd’hui d’un véritable portefeuille d’investissements pour orienter les politiques publiques et mobiliser des financements en faveur de leur diversification.
« À notre tour de nous doter de cet outil et de transformer les potentialités de la RDC en opportunités d’investissement, de production locale et d’emplois », a souligné la partie congolaise lors du lancement.
L’évaluation rapide devrait livrer dans les prochains mois une cartographie précise des filières où la RDC peut capter davantage de valeur, au-delà de l’exportation brute de ses minerais stratégiques.
Joël Ekutshu
