Kasaï Central : Katende, le barrage de l’espoir tourne au ralenti

Il devait illuminer le Kasaï Central, mais il est à l’arrêt. Le chantier de la centrale hydroélectrique des Chutes de Katende, projet phare pour toute la province, n’avance qu’à 25%.

Promesse de développement, levier industriel, solution au manque d’électricité : Katende fait rêver. Mais sur le terrain, le rêve se heurte à la réalité.

Que s’est-il vraiment passé ?

Le week-end dernier, le mandataire spécial du chef de l’État s’est rendu sur place. Le constat est clair : les bases sont là, mais la machine est grippée. Ce qui est déjà fait : les digues sont construites, les relevés topographiques terminés, le site nettoyé. Ce qui bloque : l’excavation et le canal d’amenée avancent au ralenti.
Trois raisons majeures expliquent ce coup de frein.

. Des routes détruites qui coupent le chantier du monde.
L’entreprise Angélique, qui exécute les travaux, lance un cri d’alarme. Les axes Kananga-Tshimbulu et Tshimbulu-Bunkonde sont dans un état de délabrement avancé.

Or, ce sont les seules artères pour faire arriver ciment, fer, machines et groupes électrogènes. Chaque livraison devient une expédition, chaque retard coûte des semaines. À cela s’ajoute un autre goulot d’étranglement : pas assez de wagons pour le transport ferroviaire. La logistique est à genoux.

.4 millions de dollars impayés

Le nerf de la guerre manque. Selon l’entreprise, le gouvernement congolais lui doit encore une facture d’environ 4 millions de dollars. Sans trésorerie, difficile de payer les ouvriers, de commander du matériel et de tenir les délais. Un chantier de cette taille ne peut pas fonctionner à crédit éternel.

. Le casse-tête fiscal

Dernière épine c’est la pression fiscale. L’entreprise dénonce des tracasseries répétées de la DGI (Direction générale des impôts) et de la DGRAD. Un paradoxe : comment demander à une entreprise de construire la province tout en lui compliquant la tâche au quotidien ?

Malgré tout, le chef de projet reste optimiste. Il annonce les premiers mégawatts pour fin 2027, soit dans un an environ.
Une lueur d’espoir pour une province où l’électricité reste un luxe. Mais pour que Katende ne reste pas un éternel chantier, il va falloir du concret et vite :

  • Réhabiliter les routes Kananga-Tshimbulu-Bunkonde
  • Débloquer des wagons pour le rail
  • Régler la dette de 4 millions $
  • Mettre fin au harcèlement fiscal

Katende, ce n’est pas juste du béton et des turbines. C’est l’avenir énergétique du Kasaï Central. C’est la promesse que les eaux des chutes vont enfin se transformer en lumière pour des millions de Congolais.

Charlotte MUKANGA

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