Finances publiques : Kinshasa décroche un accord à 700 millions $ avec le FMI

C’est un gros bol d’air en perspective pour le Trésor public. La RDC et le FMI viennent de trouver un accord décisif à Kinshasa.
Au terme d’une mission menée du 22 octobre au 4 novembre par Calixte Ahokpossi, les deux parties se sont entendues sur la 4ème revue du programme FEC (Facilité élargie de crédit) et la 3ème revue du FRD (Facilité pour la résilience et la durabilité).

Que vaut cet accord ?

Si le Conseil d’administration du FMI le valide à la mi-décembre 2026, la RDC pourra toucher près de 700 millions de dollars. Dans ce montant, environ 240 millions $ seront fléchés directement vers la riposte contre l’épidémie d’Ebola pour l’année 2026. Le reste servira à stabiliser les finances publiques. L’argent n’est pas encore dans les caisses. L’accord au niveau des services n’est qu’une étape. Tout dépendra du feu vert final de Washington.

Pourquoi Kinshasa a besoin de cet argent maintenant ?

Le timing n’est pas anodin. Le pays fait face à une triple pression :

.La guerre à l’Est qui fait exploser les dépenses militaires et humanitaires.
. Ebola qui exige des moyens colossaux.
. La guerre au Moyen-Orient qui fait grimper les prix du carburant et du transport à l’international.

Pour tenir le coup, Kinshasa a demandé au FMI d’être moins strict sur le déficit budgétaire en 2026 et 2027. L’idée est de dépenser plus pour les urgences sans casser la stabilité économique. Le FMI avait déjà accepté ce principe en juin, mais à une condition : que la RDC augmente ses recettes internes, gère mieux sa dette et rende ses dépenses plus transparentes.

Où en est-on dans le programme ?

Ce n’est pas le premier chèque. Le programme de 3 ans lancé en janvier 2025 a déjà débloqué :

  • En juin 2026 : 258,2 millions $ (FEC)
  • En juin 2026 : 90,3 millions $ (FRD)

La FEC aide le pays à tenir sa balance des paiements, la FRD finance les réformes de long terme, comme la résilience climatique. malgré tout, le FMI reste optimiste. Le FMI prévoit toujours une croissance solide pour la RDC : 5,7% en 2026 et entre 5,3% et 5,5% en 2027, tirée par les mines, le BTP, les services et l’agriculture. Le bémol c’est l’inflation. Tombée à 2,5% en avril 2026, elle pourrait remonter à 9% d’ici fin décembre à cause du prix du carburant.

La Banque Centrale du Congo va devoir jongler entre maîtriser les prix, stabiliser le Franc Congolais et ne pas freiner la croissance. Prochaine étape cruciale : mi-décembre. Le Conseil d’administration du FMI va juger si la RDC a bien respecté ses engagements. En juin, la performance avait été jugée « largement satisfaisante », malgré quelques critères budgétaires non tenus.

Charlotte MUKANGA

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