Pendant que les relais d’opinion rwandais s’évertuent à crier à la rupture entre Kinshasa et Washington après le déplacement de Félix Tshisekedi à Moscou, la réalité du terrain impose une toute autre lecture : celle d’une République démocratique du Congo pragmatique, résolue à diversifier ses alliances stratégiques pour mettre fin à l’agression dans l’Est de son territoire.
Une diplomatie congolaise débarrassée du dogme de l’exclusivité
Reçu le 30 octobre au Kremlin par Vladimir Poutine à l’occasion du 3ᵉ sommet Russie-Afrique, le chef de l’État congolais n’a fait qu’exercer un droit régalien : solliciter l’appui de l’ensemble des membres permanents du Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations Unies (ONU).
Accuser la RDC d’abandonner les processus de paix occidentaux relève au mieux d’une méconnaissance des usages diplomatiques, au pire d’une manœuvre de désinformation orchestrée. Chercher des leviers complémentaires auprès de Moscou pour faire appliquer les résolutions onusiennes ne constitue en aucun cas un désaveu à l’égard des États-Unis.
L’épreuve des faits : Des accords signés mais inappliqués
Si la narration kigalienne tente d’opposer Washington à Moscou, les faits rappellent la persistance du conflit. L’accord de paix parrainé par la diplomatie américaine le 27 juin 2025 n’a pas suffi à faire taire les armes. L’exigence centrale demeure inchangée : le retrait effectif des forces rwandaises et la cessation de l’offensive du M23 sur le sol congolais, conformément à la résolution 2773 du Conseil de sécurité.
L’administration américaine elle-même confirme ce constat d’inachèvement. L’imposition, le 28 octobre dernier, de sanctions ciblées contre le ministère rwandais de la Défense et l’institution financière Zigama démontre que Washington identifie clairement les responsabilités dans la poursuite des hostilités.
La souveraineté nationale comme seule boussole
Face à des mécanismes médiateurs (Washington, Doha) dont les retombées sécuritaires se font attendre sur le terrain, Kinshasa refuse l’inaction. La mobilisation des partenaires internationaux n’est pas une question d’alignement dogmatique, mais d’impératif sécuritaire. La diplomatie congolaise rappelle ainsi qu’elle n’est liée par aucun contrat d’exclusivité géopolitique lorsqu’il s’agit d’assurer l’intégrité de son territoire et la protection de ses populations.
C. K. L.
