« Mpuku amemi congélateur » s’installe dans le débat sécuritaire à Kinshasa et ravive une question devenue urgente : jusqu’où faut-il aller pour protéger la jeunesse congolaise contre la circulation des stupéfiants ? Face à la présence de ces produits dans plusieurs quartiers de la capitale, la Police nationale congolaise durcit le ton et appelle à une mobilisation accrue contre ceux qui les commercialisent.
Le commissaire provincial de la PNC, Israël Kantu, a instruit les éléments des GMI Alpha et Ouest de renforcer les opérations visant les vendeurs de stupéfiants. Cette directive place notamment la lutte contre le trafic de la drogue communément appelée « Mpuku amemi congélateur » au cœur des opérations de sécurité dans la capitale.
Dans le cadre de cette mobilisation, cinq chefs de bande ont été présentés à la justice, selon les éléments communiqués par le commandement provincial de la PNC. Une intervention qui traduit la volonté affichée des autorités de s’attaquer non seulement aux consommateurs, mais également aux réseaux qui organisent la vente et la distribution de ces substances.
Mais derrière cette opération policière se pose surtout un enjeu de société : la jeunesse congolaise ne peut pas devenir le terrain d’expansion des stupéfiants. Dans des quartiers où les jeunes sont confrontés au chômage, à la précarité et à diverses formes de pression sociale, la circulation de ces produits constitue un risque supplémentaire pour les familles et pour l’avenir collectif. Le réveil des consciences apparaît dès lors comme un volet essentiel de la réponse.
La PNC a également appelé ses éléments à davantage de discipline et annoncé le retrait des agents communément appelés « 5 chiffres », dans le cadre de l’assainissement de ses rangs. Pour les autorités policières, la lutte contre les stupéfiants passe aussi par une police mieux encadrée, capable d’agir dans le respect de ses missions et de la loi.
Au-delà des interpellations, le véritable défi est désormais de prévenir l’enracinement de la drogue dans les quartiers de Kinshasa. Parents, éducateurs, responsables communautaires, autorités et surtout jeunes sont concernés. La lutte contre « Mpuku amemi congélateur » ne peut pas reposer uniquement sur les forces de l’ordre : elle exige également une prise de conscience collective pour refuser la banalisation des stupéfiants et protéger une génération appelée à porter l’avenir de la République démocratique du Congo.
Mardochée MUNSI
