RDC : le ministère de la Justice veut accorder une seconde chance aux détenus, le service national invité dans l’initiative

Et si la prison ne devait plus seulement être un lieu de détention, mais aussi un espace de préparation au retour dans la société ? C’est l’une des orientations qui se dégagent de la collaboration annoncée entre le ministère de la Justice et le Service national, ce vendredi 25 septembre 2026, avec un accent particulier sur la réinsertion socioprofessionnelle des détenus.

Le ministre de la Justice, Guillaume Ngefa, veut ainsi renforcer les mécanismes permettant aux personnes condamnées de préparer leur avenir au-delà de la période d’incarcération. Les discussions avec le Service national portent notamment sur la possibilité d’intégrer certaines catégories de condamnés à ses programmes, dans le strict respect des dispositions légales.

L’objectif affiché est de faire progressivement de la prison un cadre où la sanction peut également s’accompagner d’un processus de rééducation et d’apprentissage. L’acquisition d’un métier doit permettre aux détenus de développer des compétences susceptibles de faciliter leur réintégration sociale et professionnelle après leur libération.

Cette coopération ne se limite toutefois pas à la formation. Les deux parties ont également abordé la question de l’approvisionnement alimentaire dans les établissements pénitentiaires, ainsi que les mécanismes d’aménagement des peines et les alternatives à l’emprisonnement prévues par la législation.

Autre point retenu : l’évaluation du parcours des anciens détenus de la prison de Makala qui ont déjà été intégrés au Service national. Cette évaluation doit permettre de mesurer leur évolution et, surtout, d’identifier les résultats obtenus à travers ce dispositif de réinsertion.

Pour le ministère de la Justice, cette démarche pose également la question de l’après-prison. La réintégration dans la société dépend en effet non seulement de la fin de la peine, mais aussi de la capacité de l’ancien détenu à retrouver une activité et à reconstruire progressivement son parcours social et professionnel.

Une feuille de route commune doit désormais être élaborée par les deux parties. Elle devra préciser les modalités de cette collaboration et les conditions d’intégration des condamnés concernés dans les programmes du Service national.

À travers cette initiative, les autorités cherchent ainsi à faire évoluer la conception de la détention : punir, mais aussi préparer la réinsertion. Reste désormais à voir comment cette orientation sera concrètement appliquée dans les prisons congolaises et quels résultats elle produira pour les détenus comme pour la société.

Mardochée Munsi

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