On prie beaucoup, mais le cœur reste dur comme un diamant. Incapable de ressembler à son créateur. De Matete à Masina, de Ngaba à Bandal, le constat est le même. À Kinshasa, il y a plus d’églises de réveil que de boutiques d’eau. Un portail bleu, un calicot jaune, une sono à fond, et le tour est joué. Vous avez une nouvelle église. Un constat fait par les reporters de CongoMarketNews.com, ce mercredi 23 Septembre 2026.
Derrière les « Alléluia » et les « Amen bien fort », la question qui fâche : c’est encore la foi ou c’est déjà le business ?
La rue de la foi
À 5h du matin, la ville se réveille au son des haut-parleurs. À 21h, elle s’endort avec des prières de combat. Entre les deux, c’est un marathon de veillées, de délivrances, de séminaires de percée financière.
Pour Brigitte, fidèle d’une église à Barumbu : « Mon pasteur m’a sauvé. J’étais bloquée, aujourd’hui mon commerce marche. »
Et c’est ça, la force des églises de réveil. Elles donnent de l’espoir à un peuple qui souffre. Elles remplissent le vide laissé par l’État. Chômage, maladie, célibat, stérilité,… Il y a une prière pour tout.
L’autre visage : le Dieu billet de banque
Mais de l’autre côté du rideau, le tableau est moins glorieux. Ici, l’entrée est gratuite, mais la bénédiction est payante. Dîme obligatoire, offrande du prophète, offrande pour les chaises, pour le micro, pour les « fils spirituels ». Et surtout, la fameuse phrase : « Vient devant si tu as 50 dollars pour une prière spéciale ».
Un ancien diacre confie, sous anonymat au micro des reporters de CongoMarketNews.com : « On nous apprend comment soutirer l’argent. On vise les mamans qui ont des problèmes. Plus elle pleure, plus elle paie. »
Formation pastorale en 3 mois, onction par WhatsApp, église montée dans un garage… Le phénomène est devenu un véritable ascenseur social. Faute d’emploi, on devient pasteur. Faute de pasteur, on s’autoproclame prophète.
Alors, foi ou business ?
La réponse est au milieu. Oui, il y a de vraies églises, de vrais hommes de Dieu qui aident, qui consolent, qui nourrissent et proclament la parole de Dieu en toute vérité. Elles sont nombreuses.
Mais oui, il y a aussi une industrie de la foi. Une économie de la détresse où la misère des Kinois est devenue la matière première la plus rentable.
Aujourd’hui à Kinshasa, tout le monde a une Bible sous le bras et un tarif en tête. On ne cherche plus Dieu, on le négocie.
Attention! On ne se moque pas de Dieu. Ce qu`un homme aura semé, il le moissonnera aussi, déclare les écritures saintes (Galates 6:7 ).
Charlotte MUKANGA
