Le ministère de l’Agriculture et de la Sécurité alimentaire, sous la direction du ministre d’État Muhindo Nzangi Butondo, dresse le bilan d’un an de réformes engagées dans le cadre de l’exercice de redevabilité du Gouvernement Suminwa II. Cette feuille de route prioritaire vise la reconstruction globale de la chaîne de valeur agricole pour garantir la souveraineté alimentaire, soutenir les producteurs locaux et affranchir le pays d’une dépendance chronique aux importations alimentaires.
Pour transformer ce secteur stratégique, le gouvernement concentre ses efforts sur la remise en état de l’appareil scientifique et technique national. Les institutions clés du système semencier, à l’instar de l’INERA, des CAPSA et du SENASEM, ont bénéficié d’une importante modernisation technique.
Selon la Cellule de communication du ministère, « des équipements de traitement des semences ont été installés et des semences améliorées ont été distribuées aux producteurs dans plusieurs provinces ». Cette distribution massive de semences de maïs, de haricot, de soja, d’arachide, de riz et de manioc cible directement l’augmentation des rendements et la consolidation des exploitations familiales.
L’autre axe névralgique de cette politique réside dans la mécanisation des cultures. Un lot de quatre cents tracteurs a déjà été remis aux professionnels du secteur sur le terrain, préfigurant l’arrivée progressive de trois mille six cents unités supplémentaires sur une période de deux ans.
En parallèle, l’exécutif pose les bases d’une véritable industrie locale pour assurer le montage et l’entretien du matériel agricole. D’après les orientations fixées par le ministère de l’Agriculture, cette démarche doit permettre de « développer une filière nationale de fabrication, d’assemblage et de maintenance des tracteurs » afin de minimiser les coûts d’exploitation et de former une main-d’œuvre locale qualifiée.
Sur le plan des intrants, l’État encourage la création d’unités d’engrais à Boma et Lubumbashi pour rompre avec les approvisionnements extérieurs. Cette impulsion industrielle commence à porter ses fruits dans la filière céréalière, où le déficit national en maïs a été ramené de huit millions à trois millions cinq cent mille tonnes en cinq ans. Par ailleurs, la relance des cultures d’exportation comme le cacao, le café et le palmier à huile s’accélère grâce au déploiement de pépinières publiques dans quatorze provinces, fort des cent vingt mille tonnes de cacao exportées durant l’année 2025.
Malgré ces avancées matérielles et la création de réserves alimentaires stratégiques, les défis structurels demeurent colossaux. Le gouvernement rappelle qu’environ vingt-sept millions de Congolais font encore face à une insécurité alimentaire aiguë, une réalité critique qui impose la poursuite ininterrompue des investissements, du champ jusqu’à la commercialisation des produits.
C. K. L.
