Sécurisation juridique des opérateurs, extension massive de la fibre optique, relance de la Poste et amélioration de la qualité de service : un an après sa prise de fonction, le ministre des Postes et Télécommunications, José Mpanda Kabangu, a présenté la feuille de route et les avancées majeures destinées à désenclaver le pays sur le plan technologique.
Pour libérer le potentiel d’investissement du secteur, le ministère a opéré la régularisation et la conversion des titres et licences des géants de la téléphonie Vodacom, Airtel, Africell et Orange. Ce cadre juridique assaini garantit désormais une sécurité indispensable aux opérateurs pour mobiliser les financements nécessaires à la modernisation de leurs réseaux.
Sur le plan des infrastructures, le chantier demeure titanesque. La RDC compte actuellement entre 10 000 et 12 000 kilomètres de fibre optique pour un besoin national estimé à plus de 50 000 kilomètres à l’horizon 2030, tandis que le nombre de tours télécoms actuelles s’élève à 8 000 sur un objectif de 30 000. Le programme de transformation numérique soutenu par la Banque mondiale doit permettre d’ajouter 11 500 kilomètres supplémentaires de fibre optique au réseau national.
Pour résorber la fracture numérique dans les zones rattachées et rurales, le Fonds de développement des services universels est opérationnel depuis janvier. Alimenté à hauteur de 3 % du chiffre d’affaires des opérateurs, ce mécanisme permettra de financer le déploiement d’infrastructures dans les régions isolées et délaissées par les investissements privés.
Régulièrement confronté aux plaintes des usagers sur la qualité du réseau, le ministre pointe du doigt le déficit d’infrastructures et les coupures accidentelles de fibre optique causées par des travaux de génie civil, citant notamment l’exemple critique de Moanda. Pour remédier aux perturbations, une meilleure coordination interministérielle est préconisée. Parallèlement, le ministère collabore avec l’Autorité de régulation de la poste et des télécommunications du Congo pour mettre à disposition des usagers le numéro court 185 dédié au traitement direct des réclamations.
Le secteur postal amorce de son côté une mutation profonde. Après la tenue des états généraux de la Poste, le gouvernement prépare une nouvelle loi appelée à remplacer un cadre législatif obsolète datant de 2002. Adaptée au commerce électronique, la réforme permettra à la Poste de diversifier ses activités, notamment par la délivrance de documents administratifs de proximité. La diplomatie sectorielle marque également des points avec la réintégration des cotisations auprès de l’Union postale universelle et les démarches entreprises pour ramener en RDC le siège de l’Union africaine des télécommunications.
Face aux exigences du marché, la mutualisation des infrastructures s’impose entre géants du secteur. Le projet Sengo, alliance stratégique entre Vodacom et Orange ciblant un objectif de 10 000 tours, ainsi que la coopération entre Airtel et la technologie satellitaire Starlink, illustrent cette dynamique de synergie.
Cette transformation s’inscrit dans une vision gouvernementale interconnectée. Comme l’ont résumé les membres du gouvernement, les Télécommunications posent les autoroutes d’infrastructures indispensables sur lesquelles s’appuie l’Économie numérique pour déployer ses services publics et son cloud souverain, tandis que la Nouvelle Économie du Climat exploite ces leviers technologiques pour développer ses plateformes environnementales et ses mécanismes de financement vert.
