VIH, tuberculose et paludisme en RDC : les acteurs communautaires tirent la sonnette d’alarme face aux pénuries de médicaments et à la persistance de la stigmatisation

Le système de santé congolais fait face à des défaillances structurelles majeures qui mettent directement en péril la vie de milliers de patients à travers le pays. Selon les résultats d’une vaste étude de suivi communautaire menée entre avril et juillet 2026 par le réseau CORAP Plus et ses organisations partenaires dans neuf provinces de la République démocratique du Congo, l’accès aux soins pour le VIH, la tuberculose et le paludisme demeure fortement entravé par des ruptures récurrentes de stocks de médicaments essentiels ainsi que par une stigmatisation tenace.

Ce diagnostic sans concession, établi auprès de plus de 5 500 personnes interrogées dans près de 600 établissements de santé et des centaines de centres de traitement, met en lumière les failles quotidiennes de la prise en charge médicale sur le territoire national.

Sur le front de la lutte contre le VIH, l’approvisionnement en moyens de prévention de base accuse un retard dramatique. Les données collectées révèlent que les préservatifs ne sont disponibles qu’à hauteur de 20,6 % dans les structures auditées, tandis que la disponibilité des lubrifiants chute à 20,3 %.

L’accès aux traitements antituberculeux présente également des faiblesses préoccupantes : un tiers des établissements de santé enquêtés a subi au moins une rupture de stock au cours des derniers mois, et 37 % ont connu des pénuries prolongées sur plusieurs semaines.

La situation du paludisme ne fait pas exception, puisque la disponibilité des intrants nécessaires à sa prise en charge est passée de 54,4 % à seulement 46 % au cours de la période d’observation.

Cette précarité matérielle se double d’un frein social majeur : le rejet et la discrimination à l’encontre des malades. L’enquête souligne en effet que 32 % des personnes atteintes de tuberculose rapportent subir directement des actes de stigmatisation au sein même de leur propre cercle familial, un phénomène tout aussi destructeur pour les personnes vivant avec le VIH.

Présentant ces données lors d’une conférence de presse, le rapporteur de l’initiative, Jean-Sima Kwala, a vivement dénoncé cette réalité sociale en déclarant que la stigmatisation est encore rapportée à tous les niveaux, de la communauté à la famille, jusqu’au cœur de certains établissements de soins.

Face à ce constat alarmant, les organisations de la société civile appellent instamment le gouvernement et les autorités sanitaires à prendre des mesures urgentes pour garantir l’effectivité de la gratuité des soins, sécuriser la chaîne d’approvisionnement en intrants médicaux et intensifier les campagnes de sensibilisation pour éradiquer les discriminations.

C. K. L.

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