TikTok à Kinshasa : un couteau à double tranchant

À Kinshasa, presque toute la population utilise TikTok. Dans le taxi, à l’école, au marché, à la maison au salon de coiffure…, les utilisateurs dansent, imitent et créent des contenus dans le but de transmettre leur savoir-faire au public. Mais derrière les filtres et les millions de vues, se cache une autre réalité, beaucoup plus sombre. Ce constat a été fait par Charlotte Mukanga, reporter de CongoMarketNews.com, ce lundi 21 Septembre 2026.

D’un côté, la face qui brille

Parmi les utilisateurs, il y a ceux qui utilisent TikTok comme un outil de travail : « Sur TikTok, on peut devenir célèbre sans passer à la télévision. Il y a des gens qui n’ont pas de travail, mais qui ont trouvé un moyen d’être payés grâce à l’application TikTok. Des gens qui gagnent de l’argent grâce à leur commerce sur TikTok. », a témoigné Gaëlle, utilisatrice de TikTok au micro de votre rédaction, tout en ajoutant que ce réseau social peut apporter à la fois, le bonheur et le malheur.

De l’autre côté, la lame qui blesse

Ce même TikTok qui élève est aussi celui qui détruit. Pour percer, la pression est énorme. Alors certains sont prêts à tout. Une fille de 16 ans s’expose à moitié nue pour 10 000 likes. Un garçon invente que sa mère est une sorcière pour faire le buzz. Les gens s’insultent, s’humilient, vendent leurs intimités pour une vidéo virale. Et le prix est cher. « À cause de TikTok, la majorité des gens sont dans l’occultisme. », a confié Gaëlle, sans faire mention des preuves.

Addiction, nuits blanches, échec scolaire, dépression quand les vues ne viennent pas, harcèlement dans les commentaires. Des psychologues à Kinshasa tirent la sonnette d’alarme : des ados passent jusqu’à 8 heures par jour sur l’application, complètement déconnectés de la réalité.

Pire encore : TikTok ne paie pas en RDC. Contrairement à l’Europe, tu peux faire 2 millions de vues et ne pas gagner 0 franc. « Si tu n’as pas de stratégie, tu n’auras que de la gloire vide. », d’après Israël, un jeune garçon à Matete.

Alors, que faire ?

Le problème n’est pas l’application TikTok. Le problème, c’est comment l’utiliser ?

TikTok est un outil. Comme un couteau. Dans les mains d’un cuisinier, il nourrit. Dans les mains d’un inconscient, il blesse. À Kinshasa, le couteau est entre nos mains. À nous de choisir de quel côté on veut couper.

Charlotte MUKANGA

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