Des milliers de militants de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS/Tshisekedi) ont envahi les rues de la capitale ce mardi, transformant une convocation lancée en à peine vingt quatre heures en une démonstration de force politique.
Parti du siège historique du parti à la 10ᵉ Rue Limete pour déboucher à Pont Gaby, le cortège a déroulé une véritable marée humaine destinée à réaffirmer le soutien populaire au président Félix Tshisekedi et aux institutions de la République.
Le choix du point d’arrivée n’avait rien d’un hasard. Face à la foule réunie au Pont Gaby, le Secrétaire général et président par intérim du parti présidentiel, Augustin Kabuya, a rappelé avec insistance la portée symbolique des lieux : c’est à cet endroit précis que l’histoire de l’UDPS a commencé.
Prenant la parole devant une base survoltée, il a décliné les trois grands axes de cette marche : l’appui indéfectible aux Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), l’adhésion au projet de révision constitutionnelle via la loi référendaire, et le soutien à l’initiative d’un dialogue national inclusif à la condition stricte qu’il se tienne sans la participation des seigneurs de guerre.
Pour les cadres du parti au pouvoir, cette sortie massive visait avant tout à envoyer un signal clair à la scène nationale et internationale.
« L’opposition a le droit de contester ce que fait le pouvoir. Nous avons également le droit de soutenir le travail accompli par le président de la République et le gouvernement », a martelé Augustin Kabuya.
Répondant directement aux récentes initiatives de l’opposition et du regroupement C64, le patron de l’UDPS s’est livré à une comparaison acerbe de leurs capacités de rassemblement, raillant une opposition dont la mobilisation « n’arrive pas à la cheville » de celle du camp présidentiel.
« Dans le langage footballistique, cela s’appelle une remontada », a t il lancé sous les acclamations. Dans le cortège, l’ambiance oscillait entre ferveur partisane et répliques politiques piquantes. Des chants à la gloire du chef de l’État appelant ouvertement à l’octroi d’un nouveau mandat succédaient à des slogans hostiles envers les figures de l’opposition, notamment Martin Fayulu.
En reprenant ainsi l’initiative de la rue en un temps record, l’UDPS entend verrouiller le débat public et prouver qu’elle demeure le maître incontesté du terrain politique à Kinshasa.
C. K. L.
