RDC : riche comme jamais, pauvre comme toujours, comment sortir 64 millions de Congolais de la misère ?

​Soixante-huit pour cent. C’est le chiffre saisissant réaffirmé par la dernière enquête de l’Institut National de la Statistique sur les conditions de vie des ménages. Plus de 64 millions de Congolais vivent encore sous le seuil de pauvreté extrême, avec moins de deux dollars par jour pour se nourrir, se loger, se soigner et scolariser leurs enfants.

Pendant ce temps, la République démocratique du Congo repose sur un sous-sol estimé à plus de 1 100 milliards de dollars de richesses minières, 80 millions d’hectares de terres arables et le plus grand potentiel hydroélectrique du continent.

​Face à ce paradoxe historique, les analyses convergent sur la nécessité de réformes structurelles profondes. Pour l’économiste Alain Mukalay, professeur à l’Université de Kinshasa, le pays souffre traditionnellement du syndrome hollandais en exportant des matières premières brutes sans valeur ajoutée tout en important des produits transformés.

De son côté, Grace Kabongo, coordonnatrice d’une organisation de développement agricole au Kivu, déplore les fragilités persistantes du monde rural qui contraignent encore le pays à importer une part importante de sa nourriture malgré son potentiel agricole hors norme.

​Conscient de ces enjeux critiques, le gouvernement congolais a engagé ces dernières années des initiatives majeures pour inverser la tendance. Dans le secteur minier, la politique d’obligation de transformation locale et les projets de création d’une chaîne de valeur régionale autour des batteries et véhicules électriques illustrent la volonté de rompre avec le modèle extractif brut.

De même, le Programme de développement de 145 territoires (PDL-145T) constitue une réponse directe à l’enclavement rural, à travers la construction d’infrastructures de base, de routes de desserte agricole, d’écoles et de centres de santé sur l’ensemble du territoire national.

​Sur le plan social et éducatif, la gratuité de l’enseignement primaire ainsi que la gratuité de la maternité et des soins néonatals représentent des leviers gouvernementaux concrets pour alléger la charge financière des ménages les plus vulnérables.

Cependant, pour que ces efforts portent pleinement leurs fruits face aux effets dévastateurs de l’insécurité à l’Est, la consolidation de la paix, l’accélération de l’électrification rurale et un accès élargi au micro-crédit pour les jeunes et les femmes demeurent les piliers essentiels pour transformer le potentiel du pays en prospérité partagée.

​Charlotte MUKANGA

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