Numérique : Kibassa pose 5 chantiers prioritaires pour éviter l’éparpillement et rendre la transformation de la RDC durable

Clôturant hier à Kinshasa l’Atelier de restitution du diagnostic national, le ministre de l’Économie Numérique, Augustin Kibassa Maliba, a fixé le cap. Pour lui, la transformation numérique de la RDC ne tiendra que sur 5 piliers : gouvernance, cybersécurité, socles communs, confiance et compétences. Place désormais à la cohérence et aux résultats concrets.

Gouverner d’abord » : la fin des initiatives en ordre dispersé

Pour le ministre, aucune infrastructure ou plateforme ne produira d’effet sans cadre clair. « La gouvernance constitue le préalable à toute transformation numérique cohérente. Les infrastructures, les plateformes, les services, les données et les dispositifs de cybersécurité ne peuvent produire les résultats attendus si les responsabilités ne sont pas clairement établies », a martelé Augustin Kibassa. Il a donc instruit que le futur Cadre stratégique national de gouvernance du numérique et le Cadre opérationnel de cybersécurité ne soient pas « une stratégie supplémentaire ». L’objectif : articuler la Politique Sectorielle, la Stratégie de gouvernance des données, la Stratégie IA, RDCPass, le Guichet numérique, le cloud gouvernemental et le Code du numérique. « Nous devons passer de l’accumulation des initiatives à leur mise en cohérence, puis de leur mise en cohérence à leur exécution »

Cybersécurité, socles communs et confiance : les urgences identifiées

Durant deux jours, les experts ont travaillé sur 10 dimensions : cybersécurité, gouvernance des données, infrastructures et cloud, interopérabilité, architecture des SI de l’État, confiance numérique, cadres institutionnels, gestion des services, IA et compétences.

De ces travaux, 5 enseignements majeurs ressortent : 1. Renforcer d’urgence la cybersécurité face aux rançongiciels, attaques contre l’administration, fraude numérique, désinformation et vulnérabilités énergétiques.

2. Construire des socles communs. « Notre pays ne pourra pas réussir sa transformation numérique si chaque administration développe isolément ses propres plateformes, ses propres référentiels ».

3. Placer la confiance au cœur. Cela passe par la protection des données personnelles, la gouvernance rigoureuse des données publiques et des services de confiance opérationnels.

4. investir dans les compétences et l’inclusion pour garantir la durabilité des dispositifs.Ce qu’attend Kibassa : un rapport qui tranche et un suivi concret.

Le ministre attend du rapport consolidé 5 éléments précis : les constats vérifiables, les orientations ayant fait consensus, les propositions à approfondir, les arbitrages institutionnels, juridiques et budgétaires à faire par le Gouvernement, et les mesures à lancer immédiatement.Il a également exigé une matrice d’articulation entre les orientations, les politiques existantes et les projets déjà engagés. Pour la cybersécurité, il met en garde : « L’urgence peut justifier des mécanismes provisoires. Elle ne peut toutefois conduire à pérenniser une organisation qui ne serait pas conforme aux textes ».

Les services du Ministère de l’Économie Numérique sont instruits de mettre en place un mécanisme de suivi avec toutes les parties prenantes.

Joël Ekutshu

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