Guerre du Kivu : l’arroseur arrosé Corneille Nangaa pleure subitement sur le sort de Minembwe

La panique qui s’empare désormais des rangs de l’AFC/M23 traduit une volte-face politique saisissante à mesure que la pression militaire des FARDC et de leurs alliés s’intensifie sur le front des Hauts Plateaux de Fizi. Quand la coalition rebelle soutenue par Kigali gagne du terrain, ses dirigeants se drapent dans l’armure des conquérants intraitables ; mais dès que la foudre des forces loyalistes s’abat sur leurs positions, le discours guerrier s’efface subitement pour laisser place aux larmes de crocodile et aux appels pressants à l’aide humanitaire.

Interpellant l’Union africaine sur le sort des populations de Minembwe, Corneille Nangaa découvre soudainement une urgence vitale qu’il a lui-même contribué à provoquer.

Cette hypocrisie ne trompe plus personne au sein de l’opinion congolaise. On ne peut pas transformer des cités entières comme Rugezi, Kilumbi, Mukoko ou Point-Zéro en champs de bataille, jeter des milliers de familles sur les chemins de l’exil, puis se poser sans vergogne en unique protecteur des populations civiles.

La protection des Banyamulenge ne saurait servir d’éternel prétexte à une guerre de rapine, tout comme le leader de l’AFC ne peut décemment exiger la réouverture de corridors humanitaires qu’il s’est lui-même toujours refusé à respecter lorsque ses troupes encerclaient les grandes agglomérations du Nord-Kivu.

Si M. Nangaa souhaite réellement épargner les femmes et les enfants de Fizi, la seule décision responsable consiste à déposer les armes au lieu d’asservir la souffrance des Congolais à ses ambitions criminelles.

Pendant ce temps, la réalité du terrain rattrape inexorablement les insurgés. Alors que les FARDC contrôlent désormais l’espace aérien de Walikale et resserrent le dispositif autour de Goma, la peur a changé de camp.

Réduite à imposer un couvre-feu hâtif dès 19 heures pour tenter de contenir la panique dans les zones encore sous son emprise, la rébellion sent le vent tourner face à la montée en puissance des FARDC.

L’heure n’est plus à la rhétorique victimaire mais à la reddition, car aucune manipulation politique ne pourra éternellement masquer la responsabilité directe des chefs de guerre dans le drame qui frappe l’Est de la République démocratique du Congo.

C. K. L.

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