Pendant que les rumeurs tuent aussi vite que le virus, eux ont choisi de riposter avec la vérité. À Mungbwalu, en plein cœur de l’Ituri, les jeunes de la communauté U-Report passent à l’offensive contre la désinformation autour d’Ebola.
Ici, une fausse information peut être plus dangereuse que la maladie elle-même. Elle alimente la peur, la méfiance et pousse les familles à refuser les gestes qui sauvent. Face à ce fléau, les U-Reporters ont quitté les réseaux sociaux pour aller au contact direct de la population.
Sac au dos, mégaphone en main, ils sillonnent les quartiers, les marchés et les églises. Leur arme : l’information vérifiée. Leur méthode : le dialogue de proximité. À chaque porte-à-porte, ils expliquent, rassurent, déconstruisent les mythes qui circulent sur Ebola : non, ce n’est pas une invention, non, ce n’est pas un poison. Ils répondent sans tabou aux inquiétudes des mamans, des jeunes et des vieux, et rappellent les gestes simples qui protègent.
Dans une région où la méfiance envers les équipes de riposte a souvent compliqué le travail, cette approche jeune change tout. Les U-Reporters ne sont pas des étrangers en combinaison blanche. Ce sont les enfants de Mungbwalu qui parlent à leurs propres parents.
Au-delà d’Ebola, leur combat est une leçon de santé publique : la bonne information est le premier vaccin contre la panique.
À Mungbwalu, la jeunesse a décidé de ne plus laisser la rumeur dicter sa loi.
Mardochée Munsi
